Samuel GALLET

2015 - Le gardien de la paix Samuel Gallet est victime d'un arrêt cardiaque au retour d'une intervention très difficile à Berck.

Âgé de 35 ans, il était père de quatre enfants et vivait maritalement avec Amélie à Rang-du-Fliers.

Mardi 15 Décembre 2015. Un équipage de police composé d'un gardien de la paix et de deux adjoints de sécurité est sollicité sur un différend familial Rue Docteur-Calot à Berck-sur-Mer (Pas-de-Calais).

Lorsque les policiers se présentent vers 15h10 au domicile concerné, ils sont invités à entrer par une femme qui se plaint de violences conjugales. Mais à l'intérieur cette dernière change brutalement de comportement, se munie d'un couteau, et tente de porter des coups aux intervenants.

Le gardien de la paix Samuel Gallet se blesse légèrement la main en la maîtrisant difficilement. Les policiers découvrent qu'elle dissimulait également un second couteau. Virginie Delbar, quarante-trois ans, est emmenée au commissariat local afin d'y être placée en garde à vue.

Alors que le policier blessé est sur le point de rédiger son rapport d'intervention, il est de façon soudaine victime d'un arrêt cardiaque. Malgré la mise en place d'une structure mobile d'urgence et de réanimation, le jeune policier décède sur place à 17h40.

Une information judiciaire est ouverte au tribunal de Boulogne pour "tentative d'homicide sur personnes dépositaires de l'autorité publique". La police judiciaire de Coquelles est chargée de l'enquête.

Lundi 21 Décembre 2015. Les obsèques officielles du gardien de la paix Samuel Gallet ont lieu au commissariat de Berck. Originaire du Pas-de-Calais, il avait trente-cinq ans et était père de quatre enfants : Léa, Yona, Morgan et Camille. Il vivait maritalement avec Amélie à Rang-du-Fliers.

Entré en école de police à Oissel en 2000 en tant qu'adjoint de sécurité puis affecté à Berck jusqu'en 2003, il entre au centre de formation à Sancerre et rejoint à l'issue de sa scolarité la Police aux frontières de Coquelles de 2005 à 2009. A sa demande, il obtient une mutation à la Circonscription de sécurité publique de Berck.

Décrit comme éloquent et joyeux, d’une joie de vivre communicative et attachante, il reçoit les insignes de l'ordre national du mérité et la médaille d'honneur de la police nationale échelon or. Cité à l'ordre de la nation, il est nommé Major de police à titre posthume et repose désormais à Rang-du-Fliers.

Mardi 5 Avril 2016. Virginie Delbar se suicide dans sa cellule, à la maison d'arrêt de Séquedin.

Sources :
La Voix du Nord, article du 05/04/2016, "Prison de Séquedin : Virginie Delbar [...] retrouvée pendue"
La Voix du Nord, article du 21/12/2015, "Berck, Hommage à Samuel, policier fier de porter l'uniforme"
Journal officiel n°0007 du 9 janvier 2016, texte n° 32, "Citation à l'ordre de la nation"

Christophe BOUISSOU

2015 - Le brigadier-chef principal Christophe Bouissou est abattu par un individu muni d'une arme d'épaule automatique et lequel menaçait de tuer son épouse, près de Cavalaire. Marié à Nathalie, il avait 43 ans.
Lundi 7 Décembre 2015. Trois agents de la police municipale de Cavalaire-sur-Mer (Var) interviennent dans un contexte de violences conjugales sur fond de menaces de mort chez un couple de sexagénaires domicilié dans le domaine des Collières.

Sur place, la situation semble extrêmement tendue et les policiers mettent en place un dispositif autour de l'habitation dans l'attente qu'un peloton de surveillance et d'intervention de la gendarmerie locale intervienne. L'époux est effectivement connu pour sa dangerosité, son instabilité, et présente des antécédents de violences avec arme l'ayant conduit à une condamnation à un an de prison en 2010.

Muni d'une arme d'épaule automatique de marque Sig Sauer détenue illégalement, Elie Verbasco, soixante-cinq ans, monte à bord d'un buggy et préfère prendre la fuite. Mais à la vue du véhicule d'intervention, il fait feu sans sommation en direction des policiers et blesse deux agents dont l'un très grièvement avant de prendre la fuite dans le massif des Maures.

Mardi 8 décembre 2015. Originaire de Mauriac (Cantal), le brigadier-chef principal Christophe Bouissou, quarante-trois ans, décède des suites de ses blessures à l'hôpital Sainte-Anne de Toulon. Décrit comme une personne joviale, humble, il était passionné de rugby et était membre actif et bénévole du Racing club du Golfe. Marié depuis 2012 avec Nathalie, il officiait sur la commune de Cavalaire depuis une quinzaine d'années.

Dans la même journée Elie Verbasco est finalement localisé vers 17h00 dans une forêt de la commune de Rayol-Canadel par les services de gendarmerie qui avaient quadrillé l'ensemble de la zone. Après deux tirs déclenchés par le tueur et une négociation infructueuse, ce dernier décidait de mettre fin à ses jours en retournant son arme contre lui.


Sources :
Var Matin - articles en ligne des 07 et 08/12/2015
Nice-Matin, article du 09/12/2015, "Qui est Christophe Bouissou, le policier tué à Cavalaire ?"

Benoît VAUTRIN

Reproduction Centre Presse Aveyron
2015 - Le gardien de la paix Benoît Vautrin est fauché alors qu'il tente d'intercepter un véhicule sur un dispositif de contrôle routier.

Originaire de Lempaut (Tarn), il était marié à Elisabeth et père d'une petite Roxane tout juste âgée d'un an. Benoît Vautrin était affecté à Decazeville (Aveyron) depuis Septembre 2014 après avoir commencé sa carrière en région parisienne en 2001, à la police aux frontières sur le site de Roissy - Charles de Gaulle, puis en brigade anticriminalité dès 2004.

Nommé Lieutenant de police à titre posthume, il est cité à l'Ordre de la Nation et décoré des insignes de Chevalier de la Légion d’Honneur, de la Médaille de la Sécurité Intérieure, de la Médaille pour Acte de Courage et de Dévouement et de la Médaille d’Honneur de la Police Nationale, échelons or.
Vendredi 10 Avril 2015. Un dispositif de contrôle de vitesse est mis en place sur la commune d'Aubin (Aveyron) sur l’Avenue du Lycée, artère très empruntée et accidentogène limitée à 50km/h. Vers 15h15, un véhicule Audi A3 venant d'Aubin monté par deux individus emprunte l'artère en direction de Viviez à plus de 90km/h. Les policiers postés au point de contrôle radar avertissent leurs collègues au point d'interception.

Remarquant le véhicule de police barrant la route, le conducteur effectue brusquement un demi-tour et refuse d'obtempérer. Il reprend la direction d'Aubin à très vive allure où les premiers policiers intervenants se trouvent toujours. Le conducteur en fuite percute volontairement l'un des policiers à pieds qui tente d'interrompre sa fuite à hauteur de l'intersection de l'Avenue Edmond Ginestet. Sous l'effet du choc, le policier est projeté à une soixantaine de mètres du point d'impact. Les passagers de l'Audi A3 dont le pare-brise est enfoncé sont interpellés plus loin.

Les sapeurs-pompiers du bassin et le SMUR de Decazeville dépêchés sur place ne parviennent pas à ramener à la vie le gardien de la paix Benoît Vautrin, trente-six ans.

Une enquête est ouverte avec des constatations matérielles et scientifiques, pour déterminer avec exactitude le déroulement des faits, mais selon des témoins, le véhicule n’aurait pas fait d’écart ni freiné pour éviter le policier.

Le conducteur se nomme Jérémy Munoz, vingt-sept ans, originaire de Viviez. Au terme d'une comparution devant le pôle criminel de Montpellier (Hérault), il est inculpé pour "homicide volontaire aggravé" par trois circonstances (usage d'une arme par destination, sur une personne dépositaire de l'autorité publique, sous influence de produits stupéfiants en récidive). Munoz est placé sous mandat de dépôt à la maison d’arrêt de Villeneuve-lès-Maguelone (Hérault).

Jeudi 16 Avril 2015. Les obsèques solennelles de Benoît Vautrin ont lieu à Lempaut en présence du ministre de l'intérieur. Nommé Lieutenant de police à titre posthume, il est cité à l'Ordre de la Nation et décoré des insignes de Chevalier de la Légion d’Honneur, de la Médaille de la Sécurité Intérieure, de la Médaille pour Acte de Courage et de Dévouement et de la Médaille d’Honneur de la Police Nationale, échelons or.


Sources :
Journal officiel n°101 du 30/04/2015, page 7531, texte n° 68, "Citation à l'ordre de la nation"
Midi Libre du 12/04/2015, "Le policier a été fauché par un chauffard drogué"
La Dépêche du Midi du 13/04/2015, "Tout un village tarnais pleure le policier Benoît Vautrin [...]"
Centre Presse Aveyron du 16/04/2015, "L'hommage de Barnard Cazeneuve au policier tué par un chauffard"

Gaël GOUJON

Crédit photo : Alexandra B., tous droits réservés
2015 - Le gardien de la paix motocycliste Gaël Goujon est victime d'un accident mortel de la circulation sur le trajet qui le mène jusqu'à son travail.
Lundi 26 Janvier 2015. Le gardien de la paix motocycliste Gaël Goujon est victime d'un accident mortel de la circulation alors qu'il rejoint le commissariat d'Evreux (Eure) depuis son domicile. Monté sur sa Yamaha, il est entré en collision avec une Volkswagen Touran vers 8h30, rue du Général-de-Gaulle (D 830) à Saint-Sébastien-de-Morsent, alors que la conductrice de ce dernier sortait d'une voie privée.

Malgré l’intervention des secours, le motard n’a pu être réanimé. Il est décédé dans la violence du choc. Il s’agit du quatrième accident mortel sur les routes de l’Eure depuis le début de l’année 2015. L'enquête est confiée à la gendarmerie de Conches-en-Ouche pour en déterminer les circonstances exactes.

Originaire de Seine-Maritime, Gaël Goujon vivait maritalement avec Alexandra et était heureux père de trois enfants. Il avait trente-six ans. Entré à l'école de police de Fos-sur-Mer en Février 2007, Gaël poursuivait une carrière débutée en tant qu'adjoint de sécurité à Figeac et Cahors. D'abord affecté au Chesnay (Yvelines), ce passionné de moto obtenait en Juillet 2010 sa mutation à la Formation motocycliste urbaine départementale d'Evreux (Eure). Alexandra explique : "Pendant toutes ces années je l'ai soutenu dans son parcours professionnel et mis le mien de côté. Gaël était une personne dévouée au service de la population, il était également sapeur pompier volontaire à Figeac et Cahors jusqu'en 2007. Aujourd'hui il n'est plus là, mais il faut garder la tête haute pour aller de l'avant, pour nos enfants."

Sources :
Avec l'aimable autorisation et contribution de son épouse Alexandra.
Paris-Normandie, article du 11/05/2015, "L'hommage à Sandrine Mortas"

Clarissa JEAN-PHILIPPE

Stagiaire au sein de la police municipale de Montrouge, Clarissa Jean-Philippe est assassinée par un terroriste islamiste alors qu'elle balise un accident matériel de la circulation. Elle avait 27 ans.

Discrète et réservée, elle terminait son stage débuté l’an dernier dans la police municipale et devait obtenir sa titularisation en date du 12 Janvier.

Originaire de La Martinique, commune de Sainte-Marie, elle laisse une famille effondrée. 
Jeudi 8 Janvier 2015. Au lendemain de l'attentat contre le siège du journal satirique Charlie Hebdo, la police municipale de Montrouge (Hauts-de-Seine) est sollicitée sur un simple accident matériel de la circulation survenu Avenue Pierre Brossolette entre deux véhicules particuliers. Les agents procèdent au balisage des lieux et les services de la voirie œuvrent pour ramener une circulation normale.

Vers 8h15, trois coups de feu éclatent. Visée directement, Clarissa Jean-Philippe, stagiaire au sein de la police municipale locale s'écroule, mortellement atteinte par un projectile à la gorge. A ses côtés, un employé de la voirie est sérieusement blessé au visage.

Des témoins rapportent qu'un individu vêtu de noir, porteur d'un gilet pare-balles, d'une arme de poing et d'un fusil mitrailleur s'est enfui à bord d'une Clio retrouvée dans la matinée à Arcueil (Val-de-Marne).

Les investigations menées dans l'entourage des frères Kouachi et les empreintes ADN relevées sur la scène de crime permettent d'identifier l'auteur des tirs. Il s'agit de Amedy Coulibaly, une autre figure de la filière terroriste islamiste des Buttes-Chaumont. Il ressortait des investigations qui se poursuivaient, que l’épouse de Chérif Kouachi avait passé plus de 500 appels sur l’année 2014 avec la compagne de Coulibaly, Hayat Boumeddiene, ce qui est de nature à établir des liens constants et soutenus entre les deux couples, et de fait, leur complicité.

Le même jour, les frères Kouachi sont repérés alors qu'ils viennent de braquer une station essence Avia, commune de Villers-Cotterêts (Aisne). Un large périmètre de sécurité est établie dans la région par d'importantes forces de police.

Vendredi 9 Janvier 2015. Chérif et Saïd Kouachi sont repérés par des gendarmes au volant d'une Peugeot 206 volée à une automobiliste et acculés dans une imprimerie de la commune de Dammartin-en-Goële (Seine-et-Marne), retenant en otage le dirigeant de l'entreprise. Ils le libéraient vers 10h20 en rapportant aux forces de l'ordre que les terroristes souhaitaient mourir en martyrs, alors que ceux ci étaient toujours armés de fusils d'assauts, d'un lance-roquette prêt à faire feu, de grenades et de cocktails molotov.

Vers 14h, Amedy Coulibaly entre à son tour dans la supérette "Hyper Cacher" sise Avenue de la Porte de Vincennes dans le 20ème arrondissement de Paris. Armé d'un pistolet mitrailleur type Scorpio et d'un AK-47, il retient plusieurs otages et prévient une chaine d'information que si un assaut est mené à Dammartin, il exécutera les otages. Le RAID et la BRI cernent aussitôt le secteur, et le quartier est évacué.

Vers 17h, un assaut commun est opéré sur les deux scènes. Au terme de très violents échanges de coups de feu, les trois terroristes sont abattus les armes à la main. Un dernier otage était libéré à Dammartin, tandis que Porte de Vincennes, on déplorait la mort de quatre personnes, exécutées au moment de la prise d'otages. Deux policiers étaient blessés aux jambes, un autre plus grièvement.

Mardi 13 Janvier 2015. Une cérémonie d'hommage national aux policiers tombés dans l'exercice de leur fonction est célébrée dans la cour d'honneur de la préfecture de police de Paris. Cités à l'ordre de la nation et élevés au grade de chevalier de la légion d'honneur, Franck Brinsolaro et Ahmed Merabet sont nommés Lieutenant de police à titre posthume, Clarissa Jean-Philippe est nommé Brigadier de police à titre posthume.

Mercredi 14 Janvier 2015. Al-Qaïda dans la Péninsule Arabique publie une vidéo dans laquelle il revendique l'attentat perpétré contre Charlie Hebdo.

Franck BRINSOLARO & Ahmed MERABET

Mercredi 7 Janvier 2015. Deux individus cagoulés, vêtus de noir et porteurs d'armes automatiques type kalachnikov se présentent au siège du journal satirique Charlie Hebdo, sis 10 Rue Nicolas-Appert dans le 11ème arrondissement de Paris. Il est 11h20.

Dans l'immeuble, ils abattent immédiatement un agent de maintenance, Frédéric Boisseau, quarante-deux ans, marié et père de deux enfants, puis gagnent le deuxième étage où se trouve toute la rédaction du journal, réunie pour une conférence hebdomadaire.

Les deux terroristes, qui revendiqueront leur appartenance à Al-Qaida dans la péninsule arabique (AQPA), y exécutent froidement huit journalistes, un invité, et un brigadier de police du Service de la Protection : Franck Brinsolaro, quarante-huit ans, marié et père de deux enfants.

Vers 11h30, des appels police-secours font état de tirs d'armes automatiques, et plusieurs équipages convergent sur les lieux en soupçonnant un vol à main armée en cours. Dans l'allée Verte, un équipage de la brigade anti-criminalité se retrouve face aux terroristes alors que ceux-ci viennent de quitter les locaux de Charlie Hebdo. Une fusillade nourrie éclate.

Les terroristes prennent la fuite à bord d'un véhicule Citroën C3 de couleur noire et se retrouvent face à un autre véhicule sérigraphié de la police nationale qu'ils criblent de balles sans aucune retenue.

Boulevard Richard Lenoir, d'autres policiers se déploient et encouragent les riverains à fuir au plus vite les lieux. De nouveaux échanges de coups de feu ont lieu. Un policier affecté du commissariat local est grièvement atteint à l'aine, mais il s'écroule toujours conscient sur le trottoir. Ce dernier est achevé froidement par le commando avant qu'ils ne prennent la fuite. Il s'agit du gardien de la paix Ahmed Merabet, quarante-et-un ans.

Place du Colonel Fabien, ils percutent un Volkswagen Touran. La Citroën C3 est immobilisée et abandonnée Rue Sadi Lecointe près du parc des Buttes Chaumont situé dans le 19ème arrondissement de Paris. Ils volent une Renault Clio en extirpant et en menaçant le conducteur et prennent à nouveau la fuite en direction de la Porte de Pantin, où leur trace se perd.

Des traces et indices sont retrouvés dans la Citroën : un drapeau de l’État islamique, dix cocktails molotov, un chargeur de fusil kalachnikov et des talkie-walkie. Deux suspects sont rapidement identifiés (empreintes digitales et ADN, documents administratifs officiels) et des perquisitions sont aussitôt menées à Gennevilliers, Reims et Strasbourg. Ces opérations policières nocturnes débouchent sur plusieurs interpellations de personnes susceptibles d'avoir été en contact avec les terroristes : Chérif et Saïd Kouachi, deux frères âgés respectivement de trente-deux et trente-quatre ans, fichés par les sections antiterroristes internationales.

Surnommé Abou Issen, Chérif Kouachi était repéré dans "la filière des Buttes-Chaumont", qui visait, sous l'autorité de l'émir Farid Benyettou, à envoyer des jihadistes rejoindre en Irak les rangs de la branche irakienne d'Al-Qaïda, dirigée à l'époque par Abou Moussab al Zarkaoui. Interpellé juste avant de s'envoler à destination de la Syrie, puis de l'Irak, il a été jugé en 2008 et condamné à trois ans de prison, dont 18 mois avec sursis. Son frère Saïd Kouachi n'a jamais été poursuivi, ni condamné.
Entré dans la police en 1986, le brigadier Franck Brinsolaro avait quarante-huit ans.

Originaire de l'Eure, venait de se marier à Ingrid et d'avoir une petite fille âgée d'un an. Il était également le père d'un garçon de vingt-cinq ans, né d'une première union. Décrit comme quelqu'un de discret et de courageux, il était passionné par son métier.

Il s'était spécialisé dans la protection en 2003, multipliant dès lors les missions à l'étranger au Cambodge ou en Indonésie. Il s'était aussi aguerri dans des territoires hostiles, en Bosnie, ou en Afghanistan.

Sportif de bon niveau, il possédait toutes les habilitations nécessaires à la protection rapprochée. Il était chargé de veiller à l'intégrité physique de Stéphane Charbonnier (Charb). Il repose désormais à Bernay.
Entré dans la police en 2006, le gardien de la paix Ahmed Merabet avait quarante-et-un ans.

Originaire de Seine-Saint-Denis, ce policier discret, consciencieux, intègre et respectueux venait d'acquérir la qualité d'officier de police judiciaire.

Il effectuait sa dernière vacation au sein de la brigade J2 du 11ème arrondissement avant d'y rejoindre service de l'accueil et de l'investigation de proximité.

Il laisse derrière lui une compagne, une famille dont deux frères et trois sœurs anéantis. Il repose désormais au cimetière musulman de Bobigny.


Le bilan humain de cet attentat du 7 janvier 2015 fait état de douze morts, onze blessés dont quatre graves parmi lesquels un journaliste et deux policiers. La rédaction de Charlie Hebdo déplore les morts de Jean Cabut (alias Cabu), Georges Wolinski, Stéphane Charbonnier (alias Charb), Bernard maris (alias oncle Bernard), Bernard Verlhac (alias Tignous), Michel Renaud, Philippe Honoré, Mustapha Ourrad et Elsa Cayat.

Une enquête ouverte pour «assassinats en lien avec une entreprise terroriste». La brigade criminelle de la police judiciaire parisienne et la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) ont été chargées de l'enquête ouverte par la section antiterroriste du parquet de Paris.

Les chefs retenus sont «assassinats en lien avec une entreprise terroriste», «tentatives d'assassinats en lien avec une entreprise terroriste», «association de malfaiteurs en lien avec une entreprise terroriste», «vol avec arme en relation avec une entreprise terroriste», a précisé le parquet.


Le lendemain de cette tuerie, Clarissa Jean-Philippe, stagiaire au sein de la police municipale de Montrouge (Hauts-de-Seine) est assassinée un individu avec une arme automatique alors qu'elle procède à de simples constatations d'un accident matériel de la circulation.
Les investigations menées dans l'entourage des frères Kouachi et les empreintes ADN relevées sur la scène de crime permettent d'identifier l'auteur des tirs. Il s'agit de Amedy Coulibaly, une autre figure de la filière terroriste islamiste des Buttes-Chaumont. Il ressortait des investigations qui se poursuivaient, que l’épouse de Chérif Kouachi avait passé plus de 500 appels sur l’année 2014 avec la compagne de Coulibaly, Hayat Boumeddiene, ce qui est de nature à établir des liens constants et soutenus entre les deux couples, et de fait, leur complicité.

Le même jour, les frères Kouachi sont repérés alors qu'ils viennent de braquer une station essence Avia, commune de Villers-Cotterêts (Aisne). Un large périmètre de sécurité est établie dans la région par d'importantes forces de police.

Vendredi 9 Janvier 2015. Chérif et Saïd Kouachi sont repérés par des gendarmes au volant d'une Peugeot 206 volée à une automobiliste et acculés dans une imprimerie de la commune de Dammartin-en-Goële (Seine-et-Marne), retenant en otage le dirigeant de l'entreprise. Ils le libéraient vers 10h20 en rapportant aux forces de l'ordre que les terroristes souhaitaient mourir en martyrs, alors que ceux ci étaient toujours armés de fusils d'assauts, d'un lance-roquette prêt à faire feu, de grenades et de cocktails molotov.

Vers 14h, Coulibaly entre à son tour dans la supérette "Hyper Cacher" sise Avenue de la Porte de Vincennes dans le 20ème arrondissement de Paris. Armé d'un pistolet mitrailleur type Scorpio et d'un AK-47, il retient plusieurs otages et prévient une chaine d'information que si un assaut est mené à Dammartin, il exécutera les otages. Le RAID et la BRI cernent aussitôt le secteur, et le quartier est évacué.

Vers 17h, un assaut commun est opéré sur les deux scènes. Au terme de très violents échanges de coups de feu, les trois terroristes sont abattus les armes à la main. Un dernier otage était libéré à Dammartin, tandis que Porte de Vincennes, on déplorait la mort de quatre personnes, exécutées au moment de la prise d'otages. Deux policiers étaient blessés aux jambes, un autre plus grièvement.

Mardi 13 Janvier 2015. Une cérémonie d'hommage national aux policiers tombés dans l'exercice de leur fonction est célébrée dans la cour d'honneur de la préfecture de police de Paris. Cités à l'ordre de la nation et élevés au grade de chevalier de la légion d'honneur, Franck Brinsolaro et Ahmed Merabet sont nommés Lieutenant de police à titre posthume, Clarissa Jean-Philippe est nommé Brigadier de police à titre posthume.

Mercredi 14 Janvier 2015. Al-Qaïda dans la Péninsule Arabique publie une vidéo dans laquelle il revendique l'attentat perpétré contre Charlie Hebdo.

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