Bruno DEBART

2007 - Bruno Debart est victime d'un
accident de la route alors qu'il vient
de quitter son service à Amiens.
Jeudi 1er Novembre 2007. Monté sur sa moto 125cm3, le gardien de la paix Bruno Debart, trente-six ans, quitte le commissariat d'Amiens (Somme) après son service de jour. Mais vers 21h30, il percute une Fiat Croma dont le conducteur lui refuse la priorité au carrefour des routes départementales 452 et 929 à Ribemont-sur-Ancre.

Ce dernier, qui était arrêté au stop, aurait mal apprécié la distance en apercevant un phare de moto et décidait de s'engager dans la voie de circulation. La collision ne peut être évitée par le motard qui percute l'avant gauche de la voiture avant d'être projeté sur le sol.

A leur arrivée, les secours n'ont rien pu faire pour sauver la victime, tuée sur le coup. L'automobiliste, trente-neuf ans, est sorti indemne de la collision mais un taux d'alcoolémie pratiqué sur lui a révélé la présence de 2,36 g d'alcool par litre de sang, soit près de cinq fois plus de la limite autorisée.

La nouvelle a suscité une vive émotion au sein de la police nationale. Marcel Authier, le directeur départemental de la sécurité publique, se souvient d'un homme « sympa et serviable. Il était unanimement apprécié. Il venait d'obtenir la qualité d'officier de police judiciaire. Sa carrière était devant lui ».

Originaire de la Somme, Bruno Debart venait de prendre en septembre ses nouvelles fonctions au centre d'informations et de commandement de l'hôtel de police. Ce jour là, il remplaçait un collègue souffrant. Ses obsèques ont lieu le lundi suivant à Franvillers, où il était domicilié.

L'auteur de l'accident, dessinateur industriel, a été déféré devant le parquet du tribunal de grande instance d'Amiens qui a ordonné l'ouverture d'une information judiciaire pour homicide involontaire en état alcoolique.(Suites judiciaires ignorées)

Source: L'union / L'ardennais, article du 03/11/2007 de Géraldine Pion

Damien GERAERT

2007 - Le brigadier Damien Geraert est victime d'une crise cardiaque alors qu'il se trouve en service au commissariat de Saint-Denis.
Crédit photo : Sabine Geraert (tous droits réservés) - avec son aimable autorisation.
Mercredi 19 Septembre 2007, le brigadier Damien Geraert, trente-huit ans, affecté à la Brigade anti-criminalité départementale de la Direction territoriale de la sécurité de proximité de Seine-Saint-Denis, se trouve au commissariat de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) lorsqu'il est victime d'une crise cardiaque.

Il vivait avec Sabine et était l'heureux père deux fils Ludovic et Dimitri. Le 14 Septembre 2008, le Président de la République autorise par décret le mariage à titre posthume de Damien et Sabine. Union qui se concrétise le 14 février 2009.



Pierre MEHN

crédit photo : Jean Mehn, tous droits réservés
2007 - Tireur d'élite au GIPN de Strasbourg, Pierre Mehn trouve la mort alors qu'il sécurise un déplacement officiel du chef de l’État français.

Page réalisée avec l'aimable autorisation de sa famille.
Jeudi 6 Septembre 2007. Le Groupe d'Intervention de la Police Nationale opère à Colmar (Haut-Rhin) dans le cadre d'un déplacement officiel du Président de la République Nicolas Sarkozy.

Chargé de trouver une position discrète sur le parcours présidentiel pour en assurer la sécurité, le gardien de la paix Pierre Mehn emprunte un accès sur les toits de l'usine Liebierr, où doit se rendre en personne le chef de l’État.

Alors qu'il progresse, une plaque cède de façon soudaine sous son poids. Le policier chute de plus d'une dizaine de mètres et décède lors de son transport à l’hôpital. Il avait trente-sept ans.

Entré dans l'administration en 1989, le gardien de la paix Pierre Mehn était marié et père de deux enfants, Charlène et Vincent.

Policier aguerri, il était un sportif goûtant à toutes les disciplines, compétiteur dans l’âme, il était un triathlète accompli.

Véritable spécialiste dans les techniques d’intervention du GIPN, il avait passé avec succès une formation de tireur de haute précision en mai 2007, au plus haut niveau de la spécialité. Il était sorti major de sa promotion. Il était, en outre, le référent des techniques d’escalade et de cordes, autant en intervention héliportée que sur façades.

Pierre avait commencé sa carrière comme stagiaire en Compagnie républicaine de sécurité, et rejoignait ensuite la circonscription de sécurité publique de Strasbourg où il finissait pas intégrer la prestigieuse unité du GIPN.

Pierre Mehn avait déjà vu la mort de près, le 26 Décembre 1997 : il se trouvait à bord du véhicule d'intervention de la BAC de Strasbourg, victime d'un accident de la route dans lequel le gardien de la paix Lionel Paulus perdit la vie.

En 1998, il se distinguait pour acte de courage et dévouement pour s'être jeté à l'eau sans hésiter et sauver ainsi de la noyade certaine, un voleur de voiture dont le véhicule s'enfonçait dans l'Ill à Schiltigheim.

En 2006, il participait à une mission d'assistance du GIPN en Afghanistan où il a formé avec succès les policiers afghans aux techniques de lutte anti-drogue. Pondéré et discret, il était unanimement apprécié de ses collègues.

Sources :
JORF n°213 du 14 septembre 2007 page 15310, texte n° 41, "Citation à l'ordre de la nation"

Dominique MILESI & Laurent FLAUDER

2007 - Deux spécialistes de la sécurité civile au service du déminage meurent d'une explosion au sein même de leur centre près de Metz.
Mercredi 18 Avril 2007. Trois démineurs effectuent le transport de grenades offensives datant de la grande guerre afin de les emmener à la destruction sur un terrain de 55 hectares près de Ressaincourt (Moselle). L'alvéole dans laquelle ils se trouvent contient près de 11 tonnes d'engins explosifs.

Sans aucune explication à ce jour, une explosion d'une très grande violence retentit vers 11h de laquelle réchappe seul le démineur Adrien Masson, cinquante-six ans.

Le Capitaine Dominique Milési, cinquante-et-un ans, était entré au centre du déminage de Metz en 1978 en qualité de conducteur automobile des services techniques du matériel.  Il s'intègre très vite dans l'équipe de déminage où il manifeste un dévouement remarquable en profitant de toutes les occasions qui lui sont offertes pour enrichir son expérience.

Contremaître puis contrôleur des services techniques du matériel, il est nommé en 1986 adjoint au chef de centre du déminage de Versailles et choisit d'intégrer un corps de la police nationale en tant qu'inspecteur en 1991. Il devient chef du centre interdépartemental de déminage de Metz le 1er janvier 2003 où ses connaissances et ses capacités d'encadrement étaient largement reconnues par ses collaborateurs comme par sa hiérarchie. Nommé commandant de police à titre posthume, il était marié et laisse 3 enfants : Noémie, Loup et Nina.

Le brigadier-chef Laurent Flauder, quarante-quatre ans, est entré comme conducteur automobile au ministère de l'intérieur en 1988 et affecté à la sécurité civile en tant qu'aide-démineur. En 1991, il choisit d'intégrer un corps de la police nationale. S'impliquant lui aussi très fortement dans son métier, il devient démineur en 1996 et chef démineur en 2000. Particulièrement volontaire et disponible, il sait prendre des initiatives et organiser efficacement les missions qui lui sont confiées.

Il participait activement à la vie du centre de déminage où son professionnalisme et sa bonne humeur étaient unanimement appréciés. Nommé Lieutenant de police à titre posthume, il était marié et laisse 3 enfants : Mélanie, Elodie et Olivier. Rendons hommage à ces hommes.

Sources :
Journal officiel n°102 du 2 mai 2007, page 7759, textes n° 69 et 70, "Citations à l'ordre de la nation" 

Reynald CARON

2007 - Le gardien de la paix Reynald Caron est tué alors qu'il intervient sur une rixe à la foire du trône à Paris.


Originaire de Seine-Saint-Denis, il était marié à Virginie et père d'une petite Océane. Entré dans la police en 2003 à l'école de police de Périgueux (Dordogne), il rejoignait la Direction de l'ordre public et de la circulation de la préfecture de police à Paris l'année suivante.

Nommé Lieutenant de police à titre posthume et cité à l'ordre de la nation, il reçoit également la croix de chevalier dans l'ordre national du mérite et décoré de la médaille d'or pour actes de courage et de dévouement.


Avec l'aimable autorisation de son épouse.
Lundi 9 avril 2007. Cinq gardiens de la paix de la 11ème Compagnie Départementale d'Intervention de la Préfecture de Police sont chargés de la sécurisation de la Foire du Trône dans le 12ème arrondissement de Paris où des bandes de voyous des différentes périphéries de la capitale ont effectivement pris l'habitude de sévir.

Vers 21h, à l'aplomb du manège à nacelles "Le Maxximum", une bagarre éclate entre des forains et une vingtaine de voyous originaires du quartier des Pyramides à Évry (Essonne), revenus en découdre après que deux d'entre eux aient tenté de resquiller en vain.

Deux des gardiens de la paix s'interposent sur la petite plateforme de 5m² lorsqu'ils sont violemment bousculés et projetés dans l'axe de la nacelle du manège toujours en mouvement. Elle percute le gardien de la paix Reynald Caron, trente-et-un ans, qui meurt sur le coup tandis que les agresseurs prennent aussitôt la fuite.

Jeudi 12 Avril 2007. Les obsèques officielles du gardien de la paix Reynald Caron ont lieu dans la cour d'honneur de la préfecture de police. Ce drame déclenche l'ire de la profession.



Grâce aux enregistrements de la vidéosurveillance de la foire, la 2ème division de la police judiciaire identifie rapidement trois individus bien connus des services de police. Deux d'entre eux sont interpellés en région parisienne, lesquels dénoncent aussitôt un autre membre de la bande : Kévin T., quinze ans.

13 Avril 2007. Kévin T. est interpellé au domicile d'une tante à Blois (Loir-et-Cher) chez qui il a trouvé refuge. Minimisant d'abord son rôle dans la rixe, il finit par avouer qu'il est bien celui qui a repoussé le policier pour échapper à son arrestation.

16 Janvier 2009. Kévin T. est condamné pour "violences volontaires ayant entrainé la mort sans intention de la donner" par le tribunal correctionnel pour mineurs de Paris à cinq ans d'emprisonnement dont six mois fermes. Or, ces six mois fermes ont déjà été effectués dans le cadre de sa détention provisoire en 2007. Il ressort donc libre du tribunal, après avoir été condamné.

3 décembre 2009. La cour d'appel condamne Kévin T., dix-huit ans, à cinq ans de prison, dont quatre ans avec sursis, assorti d'une mise à l'épreuve de trois ans. Durant cette période, il devra exercer une activité professionnelle, établir sa résidence dans un lieu déterminé et suivre des soins...

Pour Virginie, son épouse, et Océane sa petite fille âgée de huit mois au moment des faits, la vie doit continuer.


Sources :
Entretien avec Virginie Caron
Journal officiel n°91 du 18 avril 2007, page 6963, texte n° 36, "Citation à l'ordre de la nation"

Wilfried HUTIN

2007 - L'adjoint de sécurité Wilfried Hutin est tué sur la route du retour à son domicile par le conducteur d'un véhicule en état d'ivresse. Il avait 24 ans.
Vendredi 23 Mars 2007. L'adjoint de sécurité Wilfried Hutin, vingt-quatre ans, quitte le commissariat de Compiègne (Oise) au guidon de sa moto et regagne son domicile à Crépy-en-Valois.

Vers 18h30, alors qu'il circule Rue Saint-Germain à hauteur d'un passage à niveau, le jeune policier est percuté de front par le conducteur d'une Renault Clio en état d'ivresse âgé de dix-sept ans. Le choc est terrible.

Le conducteur a emprunté la voiture au père du passager qu'il transportait, et se livrait à du gymkhana. Seul à pouvoir tenir sur ses jambes, il choisit d'abandonner son complice agonisant dans le véhicule accidenté, ainsi que sa victime, et prend la fuite à pieds sans prévenir qui que ce soit.

Gravement blessé, le jeune policier meurt d'une hémorragie interne malgré les efforts des services de secours. Le meurtrier est interpellé par les gendarmes le jour même et placé en garde à vue. Il nie dans un premier temps les faits, mais il se ravise très vite confronté à la gravité de ses actes.

Wilfried Hutin était en poste au commissariat de Compiègne depuis quatre ans. Il devait passer avec succès le concours de gardien de la paix, mais il ne profitera pas de cette carrière dans la Police Nationale qui lui était destinée. Ce passionné de moto et de football laisse une famille anéantie qui se bat depuis pour dénoncer les comportements dangereux sur la route.

Octobre 2010. La cour d'appel d'Amiens condamne le conducteur du véhicule à cinq ans de prison dont dix-huit mois ferme.

Sources :
Le Parisien du 11/04/2015, "Hommage à Wilfried Hutin"
Le Parisien du 19/03/2010, "Affaire Hutin: le procureur fait appel"
Le Parisien du 26/03/2007, "Le policier tué était un grand sportif"

Yann PROVOT

Crédit photo : Annie Provot (tous droits réservés)
2007 - Le Lieutenant Yann Provot est victime d'un accident mortel de la route alors qu'il est en tête d'un convoi. Il avait 38 ans.

Page diffusée avec l'aimable autorisation de sa famille.
Samedi 10 Février 2007. La Compagnie républicaine de sécurité autoroutière sud Ile-de-France de Massy (Essonne) est engagée pour escorter plusieurs personnalités politiques au sommet des chefs d'Etats africains à Cannes (Alpes-Maritimes).

Vers 6h00, à hauteur de la commune de Bazoches-sur-le-Betz (Loiret), alors qu'un brouillard persistant et de la pluie balayent l'autoroute A6, un officier de police motocycliste qui se trouve en tête de convoi perd le contrôle de son engin. Projeté contre les glissières de sécurité, le Lieutenant Yann Provot, trente-huit ans, meurt sur le coup.

Décrit comme un officier très intelligent, dévoué, d'une grande gentillesse, il avait toujours le sourire et le petit mot pour détendre l'atmosphère. D’un grand professionnalisme, il était dévoué à son métier.

Marié à Valérie, et père de deux enfants : Laurine (5 ans) et Tristan (10 ans) dont il parlait souvent avec beaucoup d'amour et de tendresse, il comptait quatorze ans de services civils et militaires. La 12ème promotion de l’École Nationale Supérieure des Officiers de Police porte désormais son nom.

Il débute sa carrière en 1994 comme simple gardien de la paix à la CRS N°8. Puis il rejoint la Direction Zonale de Vélizy à la CRS N°1. En 2002, il réussit le concours d’Officier de police et choisit la CRS autoroutière Sud Ile de France, basée à Massy dans l'Essonne. Il devait sous peu prendre la tête de la prestigieuse section motocycliste et escortes de la CRS 1 de Vélizy.

Cité à l'ordre de la Nation, il nommé au grade de Chevalier à l'ordre National du Mérite par décret du 13 Septembre 2007. Il est également nommé Capitaine de Police à titre posthume.


Sources:
Journal officiel du 18/02/2007, page 2959, "Citation à l'ordre de la nation"
Crédit photo Annie Provot, avec son aimable autorisation.

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