Régis RYCKEBUSCH

2002 - Le brigadier Régis Ryckebusch est abattu par un individu armé d'un fusil d'assaut au commissariat de Vannes.
Mardi 9 Avril 2002, 0h45. Un véhicule monté par trois jeunes gens redémarre au feu vert à une intersection de la Rue Thiers dans le centre-ville de Vannes (Morbihan). Le conducteur d'un 4x4 Toyota ne respecte pas le feu rouge et les percute avant de prendre aussitôt la fuite. Les trois jeunes tentent de le rattraper. À hauteur de l'hôtel de ville, le 4x4 Toyota stoppe brusquement. Un homme en jaillit, en état d'ébriété avancé, armé de ce qui semble être une mitraillette.

Prenant tout de suite conscience de la dangerosité de l'individu, les trois jeunes gens prennent la fuite en courant vers le commissariat distant de quelques centaines de mètres. Ils sonnent à la porte d'entrée qui est fermée. Le brigadier Régis Ryckebusch abandonne un rapport d'intervention et leur ouvre. Les jeunes tentent en quelques mots d'expliquer la scène qu'ils viennent de vivre quand, dans leur dos, le conducteur du 4x4 fait irruption dans le hall d'entrée du commissariat.

Il est armé d'une Kalachnikov AK-47, un fusil d'assaut ancien mais en bon état. Le policier expérimenté a tout juste le temps d'emmener les trois jeunes à l'abri lorsque, sans préavis, vingt-cinq balles sont tirées par le forcené. Une rafale vient frapper mortellement la poitrine du brigadier. Son équipier, le brigadier Patern Glain, également ancien membre du RAID et du GIPN, prend la mesure de la situation et progresse lentement dans le couloir. Dans le hall d'accueil, le forcené l'aperçoit et saisit un revolver dans une poche. Le brigadier Glain neutralise définitivement le forcené en lui tirant dans l'épaule.
« En trente ans de carrière, j'ai perdu six collègues très proches. Cette fois-ci, c'était mon coéquipier, tué dans un lieu qui est censé être un havre de paix. C'est une partie de moi qui est partie. Il restera des traces. Régis était mon ami. » Patern Glain
Le tireur, Jean-Charles Denis est un éleveur de Plaudren, âgé de quarante-huit ans. En 1977, il avait été condamné à trois ans de prison par la Cour de sûreté de l'Etat pour avoir tiré sur la permanence d'un député RPR à Brest. Considéré alors comme autonomiste breton, on lui reprochait à la même époque le plasticage d'une des statues à l'entrée de l'école militaire de Saint-Cyr Coëtquidan (Morbihan). Il n'a jamais pu expliquer son geste. Il s'est pendu le 17 juillet 2002, dans sa cellule de la prison de Ploemeur, privant de procès la famille de sa victime.
Quartier Nazareth - Une rue est baptisée à la mémoire du policier.

Originaire du Nord, le Brigadier Régis Ryckebusch, trente-six ans, était marié avec Catherine. Entré dans la Police en 1986, il est d'abord affecté à la compagnie départementale d'intervention des Hauts de Seine. En 1994, il intègre le RAID avant de rejoindre le Service de Protection des Hautes Personnalités en 1996, et enfin la Direction de la Surveillance du Territoire en 1998. Après quatre ans passés dans le renseignement intérieur, il choisissait de retourner dans sa région natale.

Il est nommé lieutenant à titre posthume et cité à l'ordre de nation.
Deux plaques commémoratives ont ensuite été apposées, l'une dans la cour du commissariat, en septembre 2002, l'autre dans le hall d'accueil, en juin 2006. Une rue de Vannes porte désormais son nom dans le quartier Nazareth. Ancien membre du Raid, unité d'élite de la police, Régis Ryckebusch était «un sacré bonhomme, très apprécié. S'il n'était pas intervenu, le forcené aurait flingué tout le monde au commissariat».

Sources :
Journal officiel du 19/04/2002, page 6978, "Citation à l'ordre de la nation"
Le Télégramme, article de Mathieu Pélicart du 12/04/2012, "Hommage intime à Régis Ryckebusch"

3 commentaires:

  1. Le fonctionnaire Patern GLAIN est également un ancien du RAID et son intervention à permis de neutraliser sans tuer l'assaillant en le visant à l'épaule.

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  2. Olivier MARCHE -Major18 avril 2017 à 03:59

    15 ans déjà ! ! Nous étions de la même promotion et de la même école de police. ENP REIMS - 107° promotion !
    Repose en paix Régis !

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