Ronan PICARD

2002 - Le gardien de la paix Ronan Picard est fauché par un véhicule alors qu'il sécurise les lieux d'un accident.

Si vous êtes un proche de la victime, merci de me contacter.
Dimanche 15 Décembre 2002. Trois policiers de la Compagnie des Transferts, Escortes et Protection de la direction de l'ordre public et de la circulation, transportent depuis Vincennes (Val de Marne) deux personnes en rétention administratives en direction d'Orly sur la A86. Vers 5h50, ils aperçoivent sur la voie en sens inverse un véhicule de marque Seat accidenté en travers des deux voies. Le conducteur, âgé de vingt-trois ans, est en état d'ivresse et grogui par l'usage de produits stupéfiants.

Les policiers s'immobilisent sur la voie d'urgence et avisent leur centre d'information et de commandement. Ils traversent les voies de circulation pour aller sécuriser les lieux afin d'éviter un sur-accident et d'appeler les services de secours médicalisés.

Alors qu'il balise un rétrécissement de la voie par la présence de plots pour signaler le danger aux voitures, le gardien de la paix Ronan Picard est fauché et mortellement blessé par le conducteur d'une Peugeot 306. Quand les équipes du Samu 94 arrivent sur place, le malheureux policier est déjà plongé dans un coma profond. L'acharnement des secours ne parviendra pas à le maintenir en vie, il décède sans même avoir pu être transporté.

Immédiatement interpellé par les équipages venus en assistance, le conducteur, Ratré Andontsiarovana, vingt-quatre ans, décrit comme « très imbibé et titubant » par des témoins, révèle un taux de 1,62 g d'alcool dans le sang. L'enquête établit que ce légionnaire du 1er régiment étranger de cavalerie d'Orange circulait sans permis de conduire et sans assurance. Il est écroué dans l'attente de son jugement. (Suites judiciaires ignorées)

Mercredi 18 Décembre 2002. Les obsèques officielles du gardien de la paix Ronan Picard sont célébrées dans la cour d'honneur de la Préfecture de police en présence du ministre de l'intérieur. Originaire de Redon en Ille-et-Vilaine, il avait trente ans et vivait en couple avec Edwige. D'abord affecté en Octobre 1998 à la 21ème compagnie d'intervention de la préfecture de police, il intégrait le "COTEP" en Avril 2001. Cité à l'ordre de la nation, il est élevé au grade de lieutenant à titre posthume.

Sources :
Allocution du Ministre de l'intérieur du 18/12/2002
Journal officiel n°300 du 26 décembre 2002 page 21667, texte n° 79, "Citation à l'ordre de la nation"

Jean-Marc MONIN

2002 - Le gardien de la paix Jean-Marc Monin est fauché par un automobiliste conduisant sous l'emprise de produits stupéfiants. Marié à Séverine, il attendait la venue au monde d'une petite fille.

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Dimanche 5 Mai 2002. Un véhicule particulier immatriculé aux Pays-Bas est en panne sur la voie la plus à gauche de l'autoroute A31 - sens Nancy-Metz à hauteur de la commune de Custines (Meurthe-et-Moselle). La situation est dangereuse dans la mesure où la chaussée est rendue glissante par la pluie.

Deux policiers de l'unité autoroutière de Lorraine de la Compagnie Républicaine de Sécurité N°39 basée à Champigneulles, interviennent pour matérialiser la panne aux autres usagers.

Ils parviennent à stationner le véhicule en panne sur la bande d'arrêt d'urgences. L'un d'eux remonte la bande d'arrêt d'urgence en faisant signe aux usagers de ralentir. Mais un jeune conducteur mosellan perd le contrôle de son véhicule et percute la rambarde de sécurité, fauchant le gardien de la paix Jean-Marc Monin, trente-et-un ans. Ce dernier est retrouvé à une trentaine du point d'impact alors que le véhicule impliqué finit par s'encastrer dans la Renault Laguna Break d'intervention.

Lors de l'enquête, les analyses toxicologiques réalisées sur le conducteur à l'origine de l'accident démontrent qu'il a consommé des produits stupéfiants. En Novembre 2002, le tribunal correctionnel de Nancy le condamne à deux ans de prison dont un an avec sursis pour homicide involontaire, mise en danger de la vie d'autrui et conduite sous l'emprise de stupéfiants.

Le gardien de la paix Jean-Marc Monin était marié à Séverine, il allait devenir père au mois de septembre d'une petite fille. Cité à l'ordre de la nation, il est nommé Lieutenant de police à titre posthume.

Sources :
JORF n°160 du 11 juillet 2002 page 11863, texte n° 23, "Citation à l'ordre de la nation"

Christophe COUSIN

2002 - Le gardien de la paix Christophe Cousin est percuté par le conducteur d'un véhicule à l'origine d'un rodéo automobile.

Originaire de Maubeuge, il vivait maritalement et venait d'être jeune père de famille. Entré dans la police en 1994, il était affecté au commissariat de Maubeuge depuis 2002 au Groupe d'appui opérationnel de proximité.

Auparavant il était en poste au Service de Protection et de Surveillance du Métropolitain à Paris, puis en Police Secours à Roubaix. Son père est lui aussi policier ; adjoint du chef de l’unité d'ordre public et de sécurité routière au commissariat de Maubeuge. Il est nommé lieutenant de police à titre posthume et cité à l'ordre de la nation.

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Jeudi 2 Mai 2002. Les résidents du quartier "Sous-le-Bois" à Maubeuge (Nord) signalent qu'une Renault 21 montée par un ou plusieurs individus circule à très vive allure en prenant des risques inconsidérés.

Vers 22h15, un équipage de police composé de quatre gardiens de la paix montés à bord d'une Renault Laguna Break atteint le carrefour de la Place de l'Industrie. Alors que le véhicule de police circule normalement sur sa voie, la R21 turbo surgit sur leur gauche et leur refuse la priorité.

Le choc est d'une violence inouïe et le véhicule administratif fait plusieurs embardées avant de s'encastrer dans un mur en bordure de chaussée. En position de chauffeur, le gardien de la paix Christophe Cousin, vingt-huit ans, éjecté lors du choc, est retrouvé très grièvement blessé. Il ne s'en relèvera pas. Plus chanceux, le conducteur de la R21 également blessé se nomme Saïd Aït-Didi, dix-huit ans. Dépourvu de permis de conduire, il préfère prendre la fuite.

Alors mêmes que les services de secours arrivent sur les lieux, ils constatent que plusieurs individus de la cité avoisinante sont venus en nombre pour dévaliser les effets personnels des policiers agonisants ! Un appel anonyme amènera les enquêteurs à la découverte de sacs, blousons et cartes de police volés aux intervenants à plus d'un kilomètre des lieux de l'accident.

Mai 2004. Saïd Aït-Didi écope de trente mois de prison dont quinze avec sursis ; peine confirmée en appel. La volonté délibérée de percuter le véhicule de police n'a pas été retenue.


Sources :
JORF n°160 du 11 juillet 2002 page 11863, texte n° 23, "Citation à l'ordre de la nation"
La voix du Nord, article du 05/05/2012, "Dix ans après, le souvenir toujours présent du policier"
Libération, article du 11/05/2002, "Jour de colère policière à Maubeuge"
Le Parisien, article du 04/05/2002, "L'accident qui révolte les policiers"

Régis RYCKEBUSCH

2002 - Le brigadier Régis Ryckebusch est abattu par un individu armé d'un fusil d'assaut au commissariat de Vannes.
Mardi 9 Avril 2002, 0h45. Un véhicule monté par trois jeunes gens redémarre au feu vert à une intersection de la Rue Thiers dans le centre-ville de Vannes (Morbihan). Le conducteur d'un 4x4 Toyota ne respecte pas le feu rouge et les percute avant de prendre aussitôt la fuite. Les trois jeunes tentent de le rattraper. À hauteur de l'hôtel de ville, le 4x4 Toyota stoppe brusquement. Un homme en jaillit, en état d'ébriété avancé, armé de ce qui semble être une mitraillette.

Prenant tout de suite conscience de la dangerosité de l'individu, les trois jeunes gens prennent la fuite en courant vers le commissariat distant de quelques centaines de mètres. Ils sonnent à la porte d'entrée qui est fermée. Le brigadier Régis Ryckebusch abandonne un rapport d'intervention et leur ouvre. Les jeunes tentent en quelques mots d'expliquer la scène qu'ils viennent de vivre quand, dans leur dos, le conducteur du 4x4 fait irruption dans le hall d'entrée du commissariat.

Il est armé d'une Kalachnikov AK-47, un fusil d'assaut ancien mais en bon état. Le policier expérimenté a tout juste le temps d'emmener les trois jeunes à l'abri lorsque, sans préavis, vingt-cinq balles sont tirées par le forcené. Une rafale vient frapper mortellement la poitrine du brigadier. Son équipier, le brigadier Patern Glain, également ancien membre du RAID et du GIPN, prend la mesure de la situation et progresse lentement dans le couloir. Dans le hall d'accueil, le forcené l'aperçoit et saisit un revolver dans une poche. Le brigadier Glain neutralise définitivement le forcené en lui tirant dans l'épaule.
« En trente ans de carrière, j'ai perdu six collègues très proches. Cette fois-ci, c'était mon coéquipier, tué dans un lieu qui est censé être un havre de paix. C'est une partie de moi qui est partie. Il restera des traces. Régis était mon ami. » Patern Glain
Le tireur, Jean-Charles Denis est un éleveur de Plaudren, âgé de quarante-huit ans. En 1977, il avait été condamné à trois ans de prison par la Cour de sûreté de l'Etat pour avoir tiré sur la permanence d'un député RPR à Brest. Considéré alors comme autonomiste breton, on lui reprochait à la même époque le plasticage d'une des statues à l'entrée de l'école militaire de Saint-Cyr Coëtquidan (Morbihan). Il n'a jamais pu expliquer son geste. Il s'est pendu le 17 juillet 2002, dans sa cellule de la prison de Ploemeur, privant de procès la famille de sa victime.
Quartier Nazareth - Une rue est baptisée à la mémoire du policier.

Originaire du Nord, le Brigadier Régis Ryckebusch, trente-six ans, était marié avec Catherine. Entré dans la Police en 1986, il est d'abord affecté à la compagnie départementale d'intervention des Hauts de Seine. En 1994, il intègre le RAID avant de rejoindre le Service de Protection des Hautes Personnalités en 1996, et enfin la Direction de la Surveillance du Territoire en 1998. Après quatre ans passés dans le renseignement intérieur, il choisissait de retourner dans sa région natale.

Il est nommé lieutenant à titre posthume et cité à l'ordre de nation.
Deux plaques commémoratives ont ensuite été apposées, l'une dans la cour du commissariat, en septembre 2002, l'autre dans le hall d'accueil, en juin 2006. Une rue de Vannes porte désormais son nom dans le quartier Nazareth. Ancien membre du Raid, unité d'élite de la police, Régis Ryckebusch était «un sacré bonhomme, très apprécié. S'il n'était pas intervenu, le forcené aurait flingué tout le monde au commissariat».

Sources :
Journal officiel du 19/04/2002, page 6978, "Citation à l'ordre de la nation"
Le Télégramme, article de Mathieu Pélicart du 12/04/2012, "Hommage intime à Régis Ryckebusch"

Stéphane HUGUENIN

2002 - Le gardien de la paix motocycliste Stéphane Huguenin est victime d'un accidet de la route alors qu'il est en service à Marseille.

Si vous êtes un proche de la victime, merci de me contacter.
Vendredi 15 Mars 2002. Le gardien de la paix Stéphane Huguenin, affecté au groupe nuit des compagnies motocyclistes urbaines de Marseille (Bouches-du-Rhône) est victime d'un accident mortel de la circulation alors qu'il circule sur la rocade du Jarret dans le 5ème arrondissement. Ce dernier redémarrait à un feu vert lorsque, débouchant à vive allure à sa droite, le jeune conducteur d'un 4x4 en état d'ivresse est venu le percuter. Projeté à plusieurs dizaines de mètres du point d'impact, le motard est mort sur le coup. (suites judiciaires ignorées)

Stéphane Huguenin est cité à l'ordre de la nation et nommé Lieutenant de police à titre posthume. Il était marié et père de famille. La ville baptise une rue en son nom dans le quartier Sainte-Thérèse, 5ème arrondissement.

Sources :
Journal officiel du 11/07/2002, page 11863, "Citation à l'ordre de la nation"

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