Patrick VESINE

2001 - Le gardien de la paix motocycliste Patrick Vésine est fauché par un véhicule dont les occupants prennent la fuite.

Âgé de 46 ans, il était marié et père de deux enfants.

Si vous êtes un proche de la victime, merci de me contacter.
Jeudi 31 Mai 2001. Deux gardiens de la paix de la Compagnie motocycliste urbaine départementale du Val de Marne sont à la recherche d'un véhicule en fuite, dont le conducteur a refusé d'obtempérer à un contrôle de police vers le sud de la capitale. Les motards empruntent rapidement les grands axes. Il est environ 3h30.

Porte d'Ivry, dans le 13ème arrondissement de Paris, un drame se produit. L'un des motards est très violemment percuté par un véhicule de marque Opel immatriculé en Belgique, dont le conducteur vient de franchir l'intersection au feu rouge fixe.

Contre toute attente, les occupants de la voiture prennent aussitôt la fuite à pieds en abandonnant le corps meurtri du policier sur le sol. Des témoins ayant assisté à la scène livrent aussitôt des informations permettant de localiser et d'interpeller le conducteur en fuite, rue du Chevaleret. Il s'agit d'un ressortissant roumain âgé de vingt-et-un ans, et lequel tentait de se débarrasser de ses papiers d'identité.

Malgré l'intervention rapide des services de secours, le gardien de la paix Patrick Vésine est déclaré décédé à 4h29 sur les lieux de l'accident. Âgé de quarante-six ans, il était marié à Patricia et père de deux enfants : Alexandra, vingt ans, et Romain, dix-sept ans.

Vendredi 1er Juin 2001. En garde à vue à la brigade de répression du banditisme, le mis en cause reconnait le délit de fuite et livre les noms de ses deux passagers, ressortissants roumains également : l'un est âgé d'une vingtaine d'années, l'autre est encore mineur. Tous deux sont arrêtés le lendemain matin dans un squat de Sevran (Seine-Saint-Denis). (identités non révélées par la presse)

Déférés au parquet de Paris et placés sous mandat de dépôt, les trois individus déjà connus des services de police étaient poursuivis pour « homicide involontaire, mise en danger de la vie d'autrui, non-assistance à personne en danger et délit de fuite ». (suites judiciaires inconnues)


Sources :
Le Parisien du 01/06/2001, "Un motard de la police tué par des chauffards"
Libération du 01/06/2001, "Un policier écrasé à Paris, le conducteur arrêté"
Le Nouvel Obs du 31/05/2001, "Un motard de la police tué à Paris"

Charles DROUAT

2001 - Le brigadier Charles Drouat est atteint mortellement par un "tir ami" au cours d'une interpellation très difficile de dealers surpris en flagrant délit.

Si vous êtes un proche de la victime, merci de me contacter.
Mercredi 9 Mai 2001. Trois policiers de la Brigade anti-criminalité de Pointe à Pitre (Guadeloupe)  surprennent un flagrant délit de cession de produits stupéfiants dans le bidonville de Boissard aux Abymes. Il est question d'interpeller Olivier Guadeloupe, dealer de crack notoire, au milieu d'une bande d'une dizaine d'individus. Il est 14h30 environ.

Regroupés sur le terrain Sonis, ces derniers opposent alors une résistance physique contre les policiers. Un attroupement hostile se forme rapidement et très vite la situation devient incontrôlable.

L'un des malfaiteurs lâche son chien de première catégorie et lui ordonne d'attaquer les policiers. Un brigadier fait feu à trois reprises en direction du molosse. Un projectile ricoche et vient blesser le dealer à la mâchoire la même balle atteint mortellement la poitrine du brigadier Charles Drouat, quarante-six ans.

Le véhicule de police est incendié et le corps du malheureux policier est fouillé, certaines de ses affaires personnelles sont volées selon les propres constatations du Procureur de la république Patrick Vogt qui souligne la violence de l'intervention.

L'enquête est confiée au service régional de la police judiciaire de Pointe-à-Pitre. Des sept individus placés en garde à vue, seul Olivier Guadeloupe alias "Ti Gwadloup", est mis en examen pour "violences volontaires avec arme par destination ayant entraîné la mort sans intention de la donner". Il est incarcéré en milieu libre au Centre hospitalier de Pointe-à-Pitre.

Le 23 Mai, à l'issue de débats contradictoires, réfutant le chef d'accusation, la chambre d'instruction de Basse-Terre décide de la remise en liberté d'Olivier Guadeloupe. Il fait néanmoins l'objet d'un mandat d'amener émis par un juge de Cayenne (Guyane) dans le cadre de plusieurs affaires de trafics de stupéfiants.

Le 31 Mai, Olivier Guadeloupe, dont l'interpellation mouvementée est à l'origine de la mort du brigadier Drouat, est définitivement libéré à l'issue de sa comparution devant le juge.

Le brigadier Charles Drouat, surnommé « Charly » était marié à Sophy Garnier, et père de sept enfants. Entré dans la police en mars 1979, formé à l'école des gardiens de la paix de Paris, il fût affecté au commissariat du XVe arrondissement de la capitale en mars 1980. En 1985, il a rejoint la police aux frontières de Saint-Martin avant d'être nommé à Pointe-à-Pitre, en 1988. Il avait été affecté à la Bac en 1998.

Au cours de sa carrière, il avait reçu un grand nombre de lettres de félicitations, ainsi que la médaille de bronze pour actes de courage et de dévouement en juin 2000. Il avait été blessé en service à cinq reprises : en septembre 1983, juin 1986, 25 juin 1999, le 30 août 2000 et, quelques mois avant sa mort, le 19 janvier 2001.

Le brigadier Charles Drouat est nommé Capitaine de police à titre posthume et cité à l'ordre de la nation. Il est élevé au grade de chevalier de la Légion d'honneur et reçoit la médaille d'or pour acte de bravoure et de dévouement. Il laisse l'image d'un policier efficace, dynamique, très motivé et doté d'un grand esprit de générosité.

En Mai 2012, le cadet de la fratrie, Luidgy, 15 ans, déposait une gerbe de fleurs au pied de la stèle qui porte désormais son nom dans la cour d'honneur lors de la cérémonie annuelle des policiers victimes du devoir.


Sources:
JORF n°116 du 19 mai 2001 page 8025, "Citation à l'ordre de la nation"
Infos Guadeloupe du 13/05/2001, "hommage au policier abattu"
Infos Guadeloupe du 23/05/2001, "Ty Gwadloup victime d'un malaise"
Infos Guadeloupe du 01/06/2001, "Ty Gwadloup de nouveau libéré"
France-Antilles Guadeloupe - 11/05/2012 

Gilles ROCHE

2001 - Le gardien de la paix Gilles Roche est abattu dans le véhicule de police qu'il conduit lors d'un contrôle routier. Âgé de vingt-neuf ans, il était marié et père de trois enfants.
Lundi 7 Mai 2001. Deux policiers du commissariat d'Evreux (Eure) remarquent une BMW roulant à très vive allure sur la Rue de Lattre de Tassigny. Interceptée à hauteur d'un feu tricolore, les policiers s'arrêtent à la droite du véhicule.

Le gardien de la paix Gilles Roche, vingt-neuf ans, qui conduit le véhicule de police, baisse sa vitre et fait une remarque au contrevenant. Ce dernier
saisit alors une arme se trouvant à proximité immédiate et tire à bout portant sur les policiers toujours assis dans leur Peugeot 306 break. Gilles Roche est atteint mortellement par trois projectiles et s'écroule sur son équipier.

Blessé à la cuisse, le gardien de la paix Roger Deboges, cinquante ans, riposte néanmoins en vidant son barillet de six cartouches. Le malfaiteur prend aussitôt la fuite, mais il est rapidement identifié. Il s'agit Olivier Aubert, quarante-huit ans, un ancien légionnaire domicilié sur la commune de Gravigny. Il est interpellé le matin même à son domicile. Sur place, les enquêteurs découvrent l'arme du crime : un pistolet automatique 11,43 de marque canadienne. Plusieurs armes de gros calibre, et des centaines de munitions qu'il fabriquait lui-même sont également appréhendées. Aubert remet aussitôt des aveux circonstanciés.

Jeudi 10 Mai 2001. En détention provisoire à la prison du Bois d'Arcy, Olivier Aubert se suicide dans sa cellule le jour même des obsèques de sa victime. Ce suicide déclenche une polémique qui rendra d'autant plus difficile le travail de deuil de la famille.

Le gardien de la paix Gilles Roche, vingt-neuf ans, était marié à Catherine et père d'une petite Hélèna, 4 ans. Il attendait la venue au monde de jumeaux. Entré dans la police en Août 1990 en qualité de policier auxiliaire à Garches (Hauts-de-Seine), il rejoint l'école de police de Saint-Malo (Ille-et-Vilaine). Affecté en Août 1992 à Mantes-la-Jolie (Yvelines), il y était sérieusement blessé lors d'une interpellation en Avril 1994 : il tentait d'interpeller une équipe de malfrats auteurs de vol de carburants dans une station service de Gargenville. Trainé sur plus de 300m, il venait d'échapper de justesse à la mort. Muté le 1er février 1995 au commissariat de Louviers (Eure), il rejoignait à sa demande le 1er septembre 1999 la circonscription d'Evreux (Eure).

Le gardien de la paix Gilles Roche est nommé Lieutenant de police à titre posthume, il est cité à l'ordre de la nation et reçoit la médaille d'honneur ainsi que la médaille d'or pour actes de bravoure et de dévouement. Il est également élevé au grade de chevalier de la légion d'honneur.

Le gardien de la paix Roger Deboges est nommé Brigadier-major honoraire et élevé au grade de chevalier de la légion d'honneur. Il venait d'accomplir alors 31 ans de services civils et militaires.


Sources:
JORF n°113 du 16 mai 2001 page 7831, "Citation à l'ordre de la nation"
JORF n°266 du 15 novembre 2002 page 18843, texte n° 5, "Décret portant nomination et promotion"
Journal télévisé du 07/05/2001 (à 6mn30)
Discours de Daniel Vaillant 10/05/2001
TF1 News du 09/05/2001, "Evreux : le suspect avoue le meurtre du policier"
Le Parisien du 09/05/2001, "Nous sommes tombés sur des tueurs sans le savoir"
Le Parisien du 11/05/2001, "L'hommage des policiers à leur collègue" 
Libération du 11/05/2001, "Le meurtrier du policier d'Evreux se pend"
Le Nouvel Obs du 11/05/2001, "Décès du tueur présumé du policier" 

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