Hervé DEVIS

2001 - Le gardien de la paix Hervé Devis est abattu par un forcené retranché dans son domicile à Villetaneuse.

Si vous êtes un proche de la victime, merci de me contacter.
Jeudi 22 Février 2001, 19h00. Une habitante de Villetaneuse (Seine-Saint-Denis) domiciliée avec sa fille au 15 Avenue du Maroc demande l'intervention de la police. Elle a un différend de façon régulière avec l'un de ses voisins d'une soixantaine d'années qui habite un pavillon juste en face du sien.

Ce dernier, Michel Cavalca est bien connu dans le voisinage pour être très porté sur la boisson et les armes. Ce soir là, il aurait tiré en direction de la maison de ville de la requérante. Précision que n'ont pas les policiers intervenants.

Trois jeunes gardiens de la paix de l'unité de police de proximité locale se rendent dans un premier temps au domicile de la requérante afin de se faire expliquer clairement la situation.

La maison du forcené se trouve au bout d'une cour intérieure commune. Vers 19h20, le gardien de la paix Hervé Devis se trouve aux côtés de la requérante lorsque celle-ci ouvre les volets donnant sur la maison du forcené pour lui montrer les impacts de balles. Le policier écarte alors celle-ci de l'ouverture pour éviter un drame.

Alors qu'il se trouve dans le champ de la porte fenêtre du balcon, il est victime d'un tir de fusil de gros calibre qui l'atteint mortellement à la tête. Juché sur son balcon en position de tir, Michel Cavalca guettait les mouvements. Un autre gardien de la paix stagiaire âgé de vingt-quatre ans qui veut porter secours à son collègue reçoit également une décharge au thorax.

Trois équipages de la brigade anti-criminalité arrivent en renfort et tiennent confiné le forcené. Mais ce dernier fait à nouveau feu en direction des intervenants avant d'être neutralisé. Michel Cavalca succombe  à ses blessures dans la nuit à l’hôpital Bichat. En Mai 1998, Cavalca avait été condamné à huit mois de prison avec sursis pour avoir menacé de mort et tenu en joue plus d'une demi-heure cette même voisine et deux policiers. Un incident presque semblable à celui de 2001, à la seule différence qu'il n'avait pas tiré...
Rosa, la voisine, témoigne « On était à moitié sur le balcon quand un coup a claqué. Pour me protéger, il m'a immédiatement poussée derrière lui avec son bras, puis il s'est écroulé. Je n'oublierai jamais qu'il m'a sauvé la vie. C'est moi qui devrais être morte aujourd'hui. Il nous harcelait sans arrêt parce qu'il ne supportait pas qu'on allume dans la chambre où il a tiré. Il disait que ça énervait ses chiens ! On vivait dans la peur, avec les volets toujours fermés. »
Originaire de Mont-Saint-Aignan (Seine-Maritime), le gardien de la paix Hervé Devis avait vingt-cinq ans. Il avait fait ses premiers pas dans la police lors de son service militaire, en 1997. De policier auxiliaire, il devient adjoint de sécurité pendant la première vague des emplois jeunes. Durant l'été 1998, il réussit le concours d'entrée à l'école de police nationale qu'il effectue à Périgueux (Dordogne).

Comme beaucoup de jeunes recrues, c'est en banlieue parisienne, au commissariat d'Epinay sur Seine, qu'il fera son stage d'un an. Titularisé en novembre 2000, Hervé s'était porté volontaire pour l'unité de police de proximité, mise en place sur Villetaneuse au début de février 2001. « Il adorait son métier », confie sa tante, effondrée. Mais comme la plupart de ses collègues provinciaux, il dépose sa demande de mutation. « Il voulait retourner à Rouen », souffle son amie, Florence. Tous les week-ends ou presque, il quittait son pied-à-terre d'Ermont (Val-d'Oise) pour la rejoindre en Normandie. C'est d'ailleurs là, dans le village de Darnétal (Seine-Maritime), que ce jeune gardien de la paix « amoureux de la vie » devrait être enterré mercredi. Au commissariat d'Epinay où « ce garçon ouvert et motivé » était très apprécié depuis son arrivée il y a un an et demi, la nouvelle de sa mort brutale a plongé tous ses collègues dans une immense tristesse.

Le gardien de la paix Hervé Devis est cité à l'ordre de la nation le 2 Mars 2001, et nommé Lieutenant de Police à titre posthume. Il attendait la venue au monde d'un enfant.

Sources et références :
Journal officiel du 04/03/2001, page 3468, "Citation à l'ordre de la nation"
Le Parisien, article de Charles de Saint-Fleur du 24/02/2001, "Il m'a sauvé la vie"
Le Parisien, article de Stéphane Bouchet du 24/02/2001, "Hervé Devis adorait son métier"
Le Parisien, article de Stéphane Bouchet du 24/02/2001, "Le drame qui ravive la colère des policiers"

Mentions légales

Toutes les informations et photographies contenues dans les récits qui suivent ont été obtenues à partir de recoupement d'articles de presse archivés et/ou numérisés dans les moteurs de recherches, et/ou à partir des nombreuses correspondances avec les proches des victimes. Les sources sont citées mais il faut rester prudent sur leur fiabilité.

Les propos injurieux, haineux, indécents et globalement hors sujet ne seront pas acceptés. Il s'agit avant toute chose de rendre hommage à ces personnes.

Tous droits réservés.