Laurent LAGLASSE

1999 - L'adjoint de sécurité Laurent Laglasse est fauché par un automobiliste alors qu'il sécurise les lieux d'une intervention près de Thionville.

Si vous êtes un proche de la victime, merci de me contacter.
Samedi 9 Octobre 1999. Un équipage de police de la Compagnie républicaine de sécurité N°30 de Moulins-lès-Metz, composé de deux gardiens de la paix et d'un adjoint de sécurité, est envoyé sur les lieux d'un accident matériel de la circulation aux abords du tunnel du bois des Chênes sur l'autoroute A30, commune d'Hayange (Moselle).

Tandis que les deux policiers titulaires procèdent aux constatations d'usage, l'adjoint de sécurité Laurent Laglasse se porte plus en amont du flux de circulation pour faire ralentir les automobilistes se présentant dans la courbe.

Cependant, un conducteur en état d'ivresse, probablement surpris par le dispositif policier, freine si brusquement que son véhicule vient glisser contre la bande d'arrêt d'urgence où s'est justement positionné le jeune policier. Ce dernier est fauché très violemment et meurt sur le coup.

Originaire de la Moselle, l'adjoint de sécurité Laurent Laglasse avait vingt-et-un ans.

Eric Raud

1999 - Le brigadier Eric Raud trouve la
mort au cours d'une opération au centre
de déminage de Bordeaux.

Si vous êtes un proche de la victime,merci de me contacter.
Citation à l'ordre de la Nation

Le Premier ministre,
Sur proposition du ministre de l'intérieur,
Cite à l'ordre de la Nation :
M. Eric Raud, brigadier de police au centre de déminage de Bordeaux, policier dynamique, courageux, d'une haute conscience professionnelle et d'un dévouement exemplaire.
Est décédé le 6 septembre 1999, victime du devoir, dans l'accomplissement de la mission qui lui avait été confiée.

Fait à Paris, le 17 septembre 1999.
Le ministre de l'intérieur, Jean-Pierre Chevènement

Sources :
JORF n°218 du 19 septembre 1999 page 14059, "Citation à l'ordre de la nation"

Patrick LEMAITRE

1999 - Le lieutenant Patrick Lemaître trouve la mort au cours d'une opération de déminage près de Montpellier.

Si vous êtes un proche de la victime,
merci de me contacter.
Citation à l'ordre de la Nation

Le Premier ministre,
Sur la proposition du ministre de l'intérieur,
Cite à l'ordre de la Nation :
M. Patrick Lemaitre, lieutenant de police à la sécurité civile de Montpellier, démineur dynamique, courageux, d'une haute conscience professionnelle et d'un dévouement exemplaire.
Est décédé le 26 juillet 1999, victime du devoir, dans l'accomplissement de la mission qui lui avait été confiée.
Fait à Paris, le 3 août 1999.
Lionel Jospin
Par le Premier ministre :
Le ministre de l'intérieur,
Jean-Pierre Chevènement

Sources :
JORF n°179 du 5 août 1999 page 11863, "Citation à l'ordre de la nation"

Christian SIMOENS

1999 - Le gardien de la paix Christian Simoens est abattu par un individu qu'il surprend en train de tenter de voler un véhicule.

Entré dans la police en 1978, il était marié et père de trois enfants. Il avait 44 ans. Cité à l'ordre de la nation, il est nommé lieutenant de police à titre posthume.

Page réalisée avec l'aimable autorisation de sa famille.
Mercredi 31 Mars 1999. Vers 2h30 du matin, un riverain vigilent signale la présence d'un individu qui rôde autour de son véhicule en stationnement sur la Place Charles de Gaulle à Bailleul (Nord).

Deux gardiens de la paix en tenue arrivent rapidement sur les lieux et perçoivent des mouvements suspects dans un fourgon Mercedes. Un individu se trouve effectivement à l'intérieur, vêtu d'un treillis de commando, coiffé d'un bonnet sombre et maquillé tout de noir. Visiblement bien préparé et expérimenté, il n'hésite pas un seul instant à tirer à bout portant en direction des deux policiers qui se présentent à la proximité immédiate du camion au moyen d'un fusil à pompe.

Le gardien de la paix Christian Simoens, quarante-quatre ans, est touché mortellement en pleine poitrine. Le gardien de la paix Michel Walczak applique trois tirs pour neutraliser le malfaiteur, en vain. Ce dernier fait à nouveau feu dans sa direction et parvient à prendre la fuite dans une Volkswagen Golf. Il laissait sur place deux cartouches de fusil, un couteau commando qui porte les mystérieuses initiales "ROKA" et emportait un butin bien maigre : deux bouteilles de vins, un porte-clefs, un autoradio.



Le service régional de la police judiciaire de Douai (Nord) est chargé de l'enquête par le procureur de la république d'Hazebrouck pour "homicide volontaire sur personne dépositaire de l'autorité publique". Elle s'annonce rude et piétine les deux premiers mois. les policiers s'orientent d'abord vers les milieux paramilitaires et terroristes. Les cicatrices laissées par l'affaire du gang de Roubaix sont encore bien présentes. Les policiers ont quelques pièces du puzzle, mais ils ne parviennent pas à identifier l'auteur. Mille sept cents propriétaires de Golf sont ainsi interrogés ; les réseaux paramilitaires et supposés terroristes sont passés au crible dans la région. En vain.

Une note de recherches diffusée par delà les frontières attire néanmoins l'attention d'un inspecteur de la police judiciaire de Bruges (Belgique). Le 22 Avril, il avait contribué à l'arrestation d'un jeune homme demeurant à Dranouter, près de la frontière française. Ronny Arnout, vingt-huit ans, avait alors été intercepté en flagrant délit de vol d'un engin de levage sur un chantier. A son domicile, les policiers avaient découvert un fatras d'objets hétéroclites dont le détail aura de l'importance.

Le policier belge se rappela que ce suspect, au casier judiciaire chargé, était porteur au moment de son arrestation d'un treillis militaire, tout comme le meurtrier du gardien de la paix Simoens. Il reprit le dossier de Ronny Arnout. Il comprit avec stupéfaction que les initiales des prénoms et du nom de Rudy Oskar Kornelus Arnout correspondaient à la mystérieuse inscritption "ROKA" retrouvée sur le manche du couteau abandonné près du corps du policier !

Mardi 25 mai 1999. Le SRPJ se rend à Ypres (Belgique) sur commission rogatoire. En prison, ils interrogent Arnout, vingt-huit ans, toujours en détention préventive. Une ultime vérification permit d'acquérir la certitude que le jeune flamand était bien le meurtrier du policier nordiste : parmi les objets retrouvés à son domicile figuraient ceux dérobés dans la camionnette de Bailleul.

Arnout dicte des aveux circonstanciés et reconnait indirectement le meurtre du gardien de la paix. Mais il est de nationalité belge, et la Belgique pas plus que la France n'extrade ses nationaux.

Vendredi 11 octobre 2002. La cour d'assises de Flandre occidentale sise à Bruges ouvre le procès de Ronny Arnout, déjà arrêté à dix reprises entre 1995 et 1999 pour des cambriolages. Arnout prétend au cours de son procès que c'est en voulant s'échapper de la camionnette qu'un coup de feu accidentel serait parti, « sans intention de tuer le policier ». Cette thèse ne convint absolument personne. Après une semaine d'audience, le meurtrier du gardien de la paix Simoens est condamné à trente ans de réclusion criminelle.

Avril 2012. Arnout bénéficie d'une libération conditionnelle... En novembre de la même année, il incendie volontairement sa maison individuelle en créant une explosion de gaz dans son garage.Geste qu'il interprète comme une tentative de suicide.

Février 2015. Arnout est condamné pour "incendie criminel" et "mise en danger de la vie d'autrui" à une peine de deux ans de prison et six cents euros d'amende par le tribunal d'Ypres (Belgique).


Sources :
Journal officiel du 10/04/1999, page 5314, "Citation à l'ordre de la nation"
Journal télévisé du 31/03/1999, "Reportage à la 42ème minute"
La Voix du Nord du 05/04/2009, "31 Mars 1999, Christian Simoens, policier bailleulois, était abattu en pleine rue"
Le Soir du 26/05/1999 , "Le meurtrier d'un policier français arrêté à Ypres"
Le Soir du 12/10/2002 , "Il avait abattu un policier français"
HLN Nieuws du 16/12/2014 , "Le meurtrier d'un policier en procès pour un incendie criminel"
HLN Nieuws du 17/02/2015 , "Deux ans de prison pour incendie criminel'"

Jean CORREIA & Benoît DURAND

1999 - Deux gardiens de la paix de St-Étienne trouvent la mort en poursuivant un véhicule volé sur l'autoroute A47.

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Dans la nuit du mardi au mercredi 17 Février 1999, la brigade anti-criminalité de Saint-Etienne (Loire) est sollicitée sur un vol en train de se commettre dans le centre-ville. A minuit, les malfaiteurs sont effectivement repérés alors qu'ils tentent de forcer un fourgon de La Poste et prennent la fuite à bord d'une Subaru, véhicule de 211 chevaux volé trois jours auparavant.

Les policiers procèdent aussitôt au suivi du véhicule suspect sur l'Autoroute A47 en direction de Lyon. L'artère est particulièrement sinueuse.

A 00h16 précisément, les policiers annoncent pour la dernière fois leur progression rapide à l'opérateur radio en indiquant que les fuyards tentent de les sortir de la route. La transmission est interrompue brutalement.

Venu en renfort, un équipage police retrouve la Renault Laguna V6 de leurs collègues accidentée à hauteur de la commune de La Chabure. Le véhicule a per
cuté les rails de sécurité de la voie rapide et a effectué plusieurs tonneaux avant de s'immobiliser sur le toit. Des trois policiers qui se trouvaient à bord, on découvre le corps sans vie du gardien de la paix Jean Correia, trente-neuf ans. Le gardien de la paix Benoît Durand, vingt-cinq ans, gît à l'arrière très grièvement blessé. Quant au gardien de la paix Philippe Decroix, trente-six ans, conducteur, il souffre d'un traumatisme crânien après avoir été éjecté de l'habitacle. Ces deux derniers sont transportés au CHU de Bellevue.

Jeudi 25 Février 1999. Près de dix mille personnes défilent dans les rues de Saint-Etienne pour rendre hommage à "Jeannot" Correia. Originaire de Tanger (Maroc), il était marié et père d'un enfant. Nommé Lieutenant de police à titre posthume, il est cité à l'Ordre de la Nation et élevé au grade de chevalier de la légion d'honneur.

Les enquêteurs du Service régional de la police judiciaire de Lyon identifient et procèdent à l'interpellation d'une dizaine de membres d'une communauté tsigane. Ils déterminent que le conducteur de la Subaru est un multirécidiviste âgé de trente-sept ans. Parmi les trois autres passagers membres d'une même famille se trouve un mineur de seize ans. A l'exception du mineur, les trois individus impliqués sont mis en examen pour "association de malfaiteurs, homicide volontaire et tentative d'homicide volontaire et placés en détention provisoire".

Lundi 9 octobre 2000. Faute d'éléments prouvant un acte volontaire, le juge Bernard Seuzaret prononce un non-lieu à l'encontre de l'ensemble des individus impliqués dans le décès du gardien de la paix.

Mercredi 27 Mars 2002. Le gardien de la paix Benoît Durand décède à son tour dans l'hôpital où il recevait des soins intensifs depuis quatre ans. Il n'avait que vingt-huit ans et n'était jamais sorti du coma. Entré dans la police en 1993, il était marié et père d'un enfant de cinq ans.

Sources et références :
Journal officiel du 11/04/2002, page 6418, "Citation à l'ordre de la nation"
Journal officiel du 27/02/1999, page 3040, "Citation à l'ordre de la nation"
Le Parisien, article du 30/03/2002, "Brèves de l'actualité"
Le Télégramme, article du 26/02/1999, "Policier tué: marche silencieuse à St-Etienne"
Le Télégramme, article du 18/02/1999, "Un policier tué dans une course poursuite"
Le Monde, article du 27/02/1999, "Une marche silencieuse en mémoire du policier mort à St-Etienne"
Le Monde, article du 26/02/1999, "Six personnes en garde-à-vue après la mort d'un policier"
Le Monde, article du 18/02/1999, "Un policier tué au cours d'une course-poursuite dans la Loire"

Jean-Louis DALL'ARMI

1999 - Le brigadier Jean-Louis Dallarmi est victime d'une chute au cours d'un entrainement en Haute-Savoie. Il avait 35 ans.

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Mardi 12 Janvier 1999. Le brigadier Jean-Louis Dall'Armi, guide instructeur au centre national d'entraînement à l'alpinisme et au ski de Chamonix (Haute-Savoie) se trouve en exercice d'escalade sur le massif de l'Argentière lorsqu'il est victime d'une chute mortelle. Il avait trente-cinq ans.

Le CNEAS est le plus ancien centre de formation spécialisé dans le secours en montagne français. Il est basé à Chamonix Mont-blanc depuis le 4 janvier 1955.

Les actions du centre sont : la sélection et la formation des agents de montagne des CRS ainsi que celle des personnels de la police nationale amenés à intervenir en milieu vertical tels les policiers dans les groupes d'interventions, la formation des médecins urgentistes partenaires du secours en montagne, des actions de formations à l'étranger, et la participation aux commissions nationales et internationales de secours en montagne.


Sources :
"Victimes du devoir" de Stéphane Lemercier, éditions du Prévôt, page 214. 

Guy PRODNIK

1999 - Le gardien de la paix Guy Prodnik est tué par un automobiliste irascible alors qu'il sécurise une école.

Âgé de quarante-six ans, il était marié, et père de quatre enfants : Fabrice, Estelle, Stéphane et Marie-Reine.

Il était également le président départemental de l'association "Police et Humanisme", et militait activement dans la communauté chrétienne des policiers de France, prônant la non-violence et le dialogue.

Chaque vendredi, avec son épouse Fabienne, il animait une assemblée de prière à la chapelle Ste-Elisabeth de Freyming.

Cité à l'ordre de la nation, il est nommé Lieutenant de police à titre posthume.

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Lundi 4 Janvier 1999. Le gardien de la paix Guy Prodnik assure la sécurité des élèves devant le Lycée professionnel Pierre Marie Curie à Freyming-Merlebach (Moselle).

Vers 8h00, un automobiliste, Francis Sindt, vingt-trois ans et sans emploi, décide de se stationner sur un emplacement réservé aux transports scolaires. Le policier va naturellement à sa rencontre pour lui demander de déplacer son véhicule car les cars se succèdent à un rythme soutenu.

Le contrevenant refuse catégoriquement de bouger et le policier décide de procéder logiquement à son contrôle. Sindt sort brusquement du véhicule et frappe très violemment le policier au visage. 

Déséquilibré, le policier tombe à la renverse et sa tête heurte lourdement un poteau. Le malfaiteur prend la fuite en laissant le corps inanimé de sa victime, mais il finira par se livrer au commissariat. Le gardien de la paix Guy Prodnik est transféré dans un état grave à l'hôpital de Nancy (Meurthe-et-Moselle). Lors de son audition, Francis Sindt reconnaît s'être énervé pour avoir trouvé le policier "trop tatillon". Tombé dans le coma, ce dernier lutte pour sa survie à l’hôpital.

Jeudi 14 Janvier 1999. Guy Prodnik meurt des suites de ses blessures. Âgé de quarante-six ans, il était marié, et père de quatre enfants : Fabrice, Estelle, Stéphane et Marie-Reine.

Mercredi 1er Décembre 1999. Francis Sindt est condamné à dix ans d'emprisonnement pour « coups et blessures volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner avec la circonstance aggravante que le coup a été donné à un agent de la force publique ». Il est également privé de ses droits civiques, civils et de famille pendant dix ans.

Sources :
JORF n°19 du 23 janvier 1999 page 1259, "Citation à l'ordre de la nation"
La Croix, article du 27/03/1999, "A Freyming-Merlebach on ne peut oublier Guy"

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