Denis HOOG

Capture d'écran : émission "Faites entrer l'accusé"
1995 - Le gardien de la paix Denis Hoog est abattu par des malfaiteurs surpris en flagrant délit de vol à main armée à Thonon-les-bains. Il avait 40 ans.

Originaire de Meurthe-et-Moselle, il était célibataire et sans enfant. Entré dans la police en 1979, il obtient une première affectation à Villeurbanne (Rhône), puis à Lyon (Rhône) de 1981 à 1985. Affecté à sa demande à Thonon-les-bains depuis une dizaine d'années, Denis Hoog était un policier respecté et apprécié.

Nommé Officier de paix à titre posthume, il reçoit la croix de chevalier de la légion d'honneur, et est cité à l'ordre de la nation. Il est décoré de la médaille d'or pour actes de courage et de dévouement.
Samedi 29 Juillet 1995. Une association de malfaiteurs a entrepris d'attaquer une agence du Crédit Agricole en périphérie de Thonon-les-Bains (Haute-Savoie). Ils ont scié les barreaux d'un vasistas donnant accès aux toilettes de l'établissement et ont attendu depuis l'intérieur l'heure de l'ouverture.

Vers 8h30, six employés et deux clientes se présentent dans l'agence : tous sont pris en otage par deux individus cagoulés, et lourdement armés. On leur somme de vider les coffres mais la procédure de sécurité reste inachevée ce qui active une alarme silencieuse. De fait, un agent de télésurveillance directement relié au système de sécurité entend tout ce qu'il se passe. Il prévient aussitôt le chef de poste du commissariat local, lequel dépêche deux équipages de police sur place. L'opérateur reste en ligne.

L'inspecteur Eric Albert et le gardien de la paix Michel Loiseau effectuent un premier passage à bord de leur véhicule banalisé devant la banque et indiquent que tout semble calme. Un autre équipage en tenues uniformes arrive en renfort, il est composé des gardiens de la paix Dominique Rougerie, Denis Hoog et Jean-Pierre Picot.


Les policiers approchent prudemment de l'entrée pour jauger la situation ; ils ne savent pas qu'un troisième individu est embusqué et vient de faire usage d'un talkie-walkie pour prévenir ses complices. Puis il tire dans le dos des intervenants.

Une fusillade d'une rare violence éclate. Se servant du personnel de la banque comme de boucliers humains, les truands ouvrent le feu avec des armes de poing et un fusil d'assaut type Kalachnikov sur les policiers pris en étau. Le gardien de la paix Denis Hoog, quarante ans, est atteint mortellement par une rafale
. L'inspecteur Eric Albert, trente-quatre ans, est atteint au genou ; le gardien de la paix Michel Loiseau, quarante et un ans, est très grièvement blessé à la jambe et reçoit un second projectile qui vient lui entailler le cuir chevelu.

Les braqueurs s'enfuient en tirant au jugé et laissent le butin sur place. Ils montent à bord d'une Renault 21 volée de couleur blanche volée immatriculée dans le Rhône, et dans lequel attend leur complice. Le véhicule est retrouvée plus tard dans le centre de Thonon-les-Bains. A l'intérieur, les policiers trouvent l'arme du crime : un fusil Kalachnikov ; ainsi une perruque, un bleu de travail, et des douilles éparpillées ; beaucoup d'indices, et plus particulièrement un cheveu dont on retire l'ADN.

L'enquête menée par la police judiciaire d'Annecy renforcée par l'antenne des Savoies du Service régional de la police judiciaire de Lyon permet l'identification de trois individus : Nenad Dzambas, vingt-sept ans, Pierre Pallatin, quarante-sept ans, et René Salaün alias "Jésus", cinquante-qautre ans. Fiché au grand banditisme itinérant, "Jésus" vient d’additionner 25 années de prison pour des vols à main armée. Malgré les preuves accumulées au terme d'une longue enquête, ils ont toujours nié leur participation au braquage.

Vendredi 23 Mars 2001. La cour d'assises de Savoie condamne Salaün à la réclusion criminelle dite "à perpétuité", Pallatin et Dzambas respectivement à 20 et 15 ans. Peines confirmées en appel en 2002.

Note: Deux années plus tôt, un autre drame similaire endeuillait la police nationale à Annecy (Haute-Savoie), le Sous-Brigadier Christian Verdoulet était tué dans des circonstances similaires.

Sources :
Entretien avec Michel Loiseau
JORF n°182 du 6 août 1995 page 11841, "Citation à l'ordre de la nation" 
Libération du 29/07/1995, "Thonon-les-bains, un braquage tourne court et vire à la fusillade"

Alain ESPINASSIER, Bernard BASILE & Jacques DAUTREY

1995 - Quatre spécialistes de la sécurité civile de la base d'hélicoptères de Cannes trouvent la mort au cours d'une mission de reconnaissance.

Trois d'entre eux étaient détachés de la police nationale
Jeudi 27 Juillet 1995. Un hélicoptère de la Sécurité civile AS350 Écureuil F-ZBFR N°2100 décolle de sa base à Cannes (Alpes-Maritimes). L'équipage composé de quatre hommes doit effectuer une mission de reconnaissance sur les points hauts du secteur d'Aurons, en vue d'implanter de nouveaux relais radio pour le secours en montagne. Il est 15 heures environ.

Vers 19h30, l'équipage n'ayant pas regagné sa base, un second appareil part à sa recherche. Il repère rapidement la carcasse de la machine qui s'est écrasée dans un couloir d'avalanche sur le versant italien de la cime de Maleterre.

Les débris de l'appareil étaient dispersés sur plus de 400 mètres. Plusieurs équipes de secours en montagne et une équipe médicale ont été héliportées sur les lieux, inaccessibles par la voie terrestre. Mais les sauveteurs, qui ont pu atteindre le site en milieu de nuit, n'ont pu que constater le décès des occupants.

Le parquet de Cuneo (Italie) a ouvert une information afin de déterminer les causes de cet accident. Il semble que le rotor de l'hélicoptère ait heurté le massif en déposant du matériel au sol causant la mort instantanée des quatre membres de l'équipage Alain Espinassier, inspecteur de police, vingts-six ans de services civils et militaires, mécanicien sauveteur de la base hélicoptères de la sécurité civile de Cannes - Bernard Basile, officier de paix, vingt-cinq ans de services civils et militaires, pilote de la base hélicoptères de la sécurité civile de Cannes. - Jacques Dautrey, officier de paix à la Compagnie républicaine de sécurité N°6 de Saint-Laurent-du-Var, section Montagne (Alpes-Maritimes), secouriste de la base hélicoptères de la sécurité civile de Cannes. - Gérard Duraz, technicien radio de la base d'hélicoptères de la sécurité civile de Cannes.

L'Ecureuil F-ZBFR photographié en 1990.

Sources et références :
Journal officiel N° 180 du 04/08/1995, page 11694 - "Citation à l'ordre de la nation"
Journal officiel N° 231 du 04/10/1995 - ordre national du mérite

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