Jacques LAGAUCHE

1982 - Le gardien de la paix Jacques Lagauche est abattu sur un point-école par un malfaiteur surpris en train de menacer un taxi.

Si vous êtes un proche de la victime, merci de me contacter.
Mardi 23 mars 1982. Le gardien de la paix Jacques Lagauche, quarante-quatre ans, se trouve sur un point-école à la proximité immédiate du Collège Les Martinets à Rueil-Malmaison (Hauts-de-Seine). Il aide les enfants à traverser l'Avenue de la République lorsqu'il est directement sollicité par un chauffeur de taxi visiblement apeuré.

Ce dernier n'a pas vraiment le temps d'expliquer la situation : le passager arrière tire aussitôt avec une arme de poing en direction du policier. Le malfaiteur, Bernard Durbec, trente ans, venait de menacer de mort le chauffeur s'il ne lui remettait pas son fond de caisse journalier. Il prenait la fuite après son méfait.

Durbec est interpellé moins d'un quart d'heure plus tard sur les bords de Seine, où il tentait de se dissimuler. Les enquêteurs découvrent que ce multi récidiviste sortait tout juste d'une section psychiatrique de prison avec l'approbation d'un collège d'experts médicaux.

Jeudi 8 Avril 1982. Touché très grièvement aux organes digestifs, le policier transporté à l'hôpital Ambroise-Paré à Boulogne-Billancourt meurt de ses blessures devenues inopérables. Il était marié et père de quatre enfants. La place où le policier est décédé porte désormais le nom du "Square Jacques Lagauche". (suites judiciaires ignorées)

Sources :
Journal officiel du 10/04/1982, page 1082, "Citation à l'ordre de la nation"
Le Monde du 10/04/1982, "Mme Badinter s'engage à demander des peines plus sévères contre les meurtriers de policiers"

Jackie BOUYER & Bernard ROUSSARIE

Le gardien de la paix Jackie Bouyer, trente-et-un ans, décède dans la nuit à l'hôpital de Bayonne. Il était marié à Lysiane et père de deux enfants : Arnaud et Stéphanie.

Le gardien de la paix Bernard Roussarie, trente-quatre ans, est atteint par neuf projectiles et paralysé par une blessure à la colonne vertébrale le jour de l'attentat.

Il est transporté à l'hôpital Pellegrin de Bordeaux où il épouse Martine alors qu'il se trouve toujours fortement handicapé. Malheureusement, il décèdera des suites de ses graves blessures quelques jours plus tard. Il avait trois enfants.

Avant de mourir, il avait pu reconnaitre formellement son assassin avec le concours des services de l'identité judiciaire.
Contexte : Iparretarrak  -"ceux du nord" en langue basque- est une organisation clandestine armée qui lutte pour l'autonomie du Pays basque depuis 1973. Elle refuse de voir l'identité basque devenir une "identité de supermarché" et leur société basculer vers la spéculation immobilière, la "touristification" et l'agriculture intensive. Elle intensifie ses actions dans les années 1980 en utilisant les explosifs et les armes contre les symboles de l’État français.

En 1982, quatorze membres de la Compagnie Républicaine de Sécurité N°19 basée à La Rochelle (Charente-Maritime) sont envoyés au pays basque pendant un mois pour assurer la surveillance des routes et des chemins, en renfort de la Police aux Frontières. Tous sont logés à l'hôtel "Juantorena", où les épouses sont autorisées à les rejoindre pendant une semaine.


Vendredi 19 Mars 1982. Deux gardiens de la paix de la CRS N°19 quittent leur casernement à bord d'une Renault 4L sérigraphiée. Ils doivent effectuer une patrouille du côté du col d'Ispéguy, situé sur la frontière franco-espagnole à 8 kilomètres de là. Aux environs de 21h, alors qu'ils empruntent la "Gaineko Karrika", ils tombent dans une embuscade.

Des hommes en treillis militaires surgissent du bord de la route depuis une Renault 4L de couleur beige et mitraillent la voiture des CRS à l'aide de STEN MKII, calibre 9mn. Les policiers sont atteints par trois rafales successives de tirs d'armes automatiques.

Le conducteur qui a tenté en vain de forcer l'embuscade, le gardien de la paix Jackie Bouyer, trente-et-un ans, est atteint à la tête. Il décède dans la nuit à l'hôpital de Bayonne (Pyrénées-Atlantiques) ; il était marié à Lysiane et père de deux enfants : Arnaud et Stéphanie.

Le gardien de la paix Bernard Roussarie, trente-quatre ans, est au plus mal : atteint de neuf projectiles et paralysé par une blessure à la colonne vertébrale, il est transporté à l'hôpital Pellegrin de Bordeaux (Gironde).

Dimanche 18 avril 1982. Bernard Roussarie succombe à une embellie pulmonaire consécutivement aux graves blessures qu'il a reçu pendant l'attentat. Après être sorti du coma, avec le concours des services de l'identité judiciaire, il avait néanmoins pu reconnaître sans hésitation l'auteur des coups de feu : Philippe Bidart, considéré comme le chef historique d'IK. Cinq jours avant, il venait d'épouser Martine alors qu'il se trouvait toujours sur son lit d'hôpital, fortement handicapé. Il avait trois enfants.



Philippe Bidart, vingt-huit ans, dont la maison natale n'est située qu'à quelques pas des lieux de la fusillade est par ailleurs reconnu comme étant l'auteur d'un braquage d'une banque à Saint-Paul-lès-Dax (Landes) en Novembre 1981, ce baïgorriard entré rapidement dans la clandestinité est en fuite et se sait recherché.

Très vite, les enquêteurs font de lui le suspect numéro un. Son visage émacié s'étale à la une des journaux. Le militant devient l'homme le plus recherché de France et de Basse-Navarre. Alors que l'Espagne n'est qu'à une poignée de kilomètres, via le col d'Ispéguy, les forces de l'ordre quadrillent le village pendant plusieurs jours. De Baïgorry à Banca, la montagne est passée au peigne fin. On y retrouve le véhicule 4L abandonné par les terroristes.

Dimanche 7 Août 1983, 19h. Bidart et trois complices sont interceptés à bord d'une Renault 4L immatriculée dans les Pyrénées-Atlantiques par une brigade de la gendarmerie de Montfort près du camping municipal à Léon (Landes). Une longue fusillade éclate. Le gendarme Yves Giummara, trente-deux ans, est tué. Son équipier, le gendarme Jean-Pierre Plouzot est grièvement blessé. Les malfaiteurs prennent la fuite.

Mardi 25 Août 1987. Bidart et sa compagne Lucienne Fourcade, font l'objet d'un contrôle de gendarmerie au lieu-dit Port-Maguide, près de Biscarosse (Landes). Ces derniers sont mêlés aux vacanciers mais leur Renault 4L immatriculée dans les Pyrénées-Atlantiques a fini par attirer l'attention. Bidart tue le gendarme Roger Buschmann et blesse grièvement le Maréchal des logis Guy Chevanton. Le couple prend la fuite.

Samedi 20 Février 1988. Après sept années de cavale, la gendarmerie interpelle Bidart à Boucau (Pyrénées Atlantiques) en compagnie de quatre autres membres de l'organisation terroriste.

12 Novembre 1992. La cour d'assises spéciale de Paris condamne Philippe Bidart à la réclusion criminelle à perpétuité pour les meurtres des gardiens de la paix Bouyer et Roussarie. Il a toujours nié les faits.

9 Juin 1993. Philippe Bidart est condamné à la réclusion criminelle à perpétuité par la cour d'assises spéciale de Paris, pour le meurtre du gendarme Buschmann en 1987. Lucienne Fourcade, vingt-neuf ans, est condamnée à cinq ans de prison dont quatre avec sursis, pour complicité du vol avec arme de la voiture de touristes allemands avec laquelle le couple avait pris la fuite à Biscarosse. La jeune femme ne retournera pas en prison, sa peine ayant été confondue avec celle de quatre ans dont trois avec sursis, déjà exécutée, que lui avait infligé, en mars 1991, le tribunal correctionnel de Paris pour association de malfaiteurs.

2 Avril 2000. Philippe Bidart et son complice Gabriel Mouesca sont condamnés respectivement à vingt ans et quinze ans de réclusion criminelle pour le meurtre du gendarme Giummara en 1983.

14 Février 2007. Envers et contre toutes les condamnations précédentes, Philippe Bidart, en parfait état de santé, bénéficie d'une libération conditionnelle après dix-neuf ans d'incarcération, sans jamais avoir exprimé aucun remord et ayant toujours nié les faits qui lui sont imputés. Depuis 2010, il est désormais de retour dans la région basque, actif au sein du parti politique nationaliste basque Ipparalde. Il continue sa "lutte" au grand désespoir des familles des victimes.


Sources :
Entretien avec Sébastien Roussarie (fils)
Sud-Ouest du 19/03/2012 : "CRS rochelais assassinés : un si douloureux anniversaire"
Sud-Ouest du 19/03/2012 : "Il y a 30 ans, deux CRS rochelais étaient assassinés au pays basque"
La Dépêche du 15/02/2007 : "Bidart libéré, déjà la polémique"
Obsèques solennelles à La Rochelle - 23 Mars 1982 (archives vidéos, JT Antenne 2, voir à 8mn)

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