Raymond THIBERT & Paul JEAN

1978 - Le brigadier-chef Raymond Thibert trouve la mort dans une fusillade avec des terroristes alors qu'il sécurise l'aéroport d'Orly, cible d'attentats dans un contexte international très tendu.

Si vous êtes un proche du birgadier-chef Paul Jean, merci de me contacter.
Contexte : En Janvier 1975, deux attentats fomentés par le terroriste Carlos au nom du Front populaire de libération de la Palestine ont lieu coup sur coup à l'aéroport d'Orly. Des détachements de Compagnies républicaines de sécurité sont donc déployées en renfort de la police aux frontières pour sécuriser le site, et plus particulièrement les zones d'embarquements réservées aux vols reliant Israël.

En 1978, Les "Fils du sud Liban", organisation terroriste pro-palestinienne, voit le jour alors que les bombardements et les affrontements entre israéliens et palestiniens au Liban s'intensifient. Le 17 Mars, dans des combats menés conjointement avec des parachutistes français, le village d'Abassieh subit d'importants dégâts et près de deux cents personnes trouvent la mort. En représailles, l'organisation fomente un attentat sur le sol français à Orly qu'elle baptise "opération Abassieh".

Samedi 20 mai 1978. Trois terroristes munis de faux passeports tunisiens rejoignent le comptoir de la compagnie israélienne "EL AL" située dans l'aérogare sud de l'aéroport d'Orly (Val de Marne). Ils viennent de passer le premier point de contrôle et se trouvent désormais en zone internationale. Il est 15h30.

Porteurs de sacs remplis de grenades et de pistolets mitrailleurs, ils ciblent le Vol 324 pour Tel Aviv et les nombreux passagers israéliens qui patientent en salle 30. Mais cette zone qui a déjà subi deux attentats en Janvier 1975 est considérée comme très sensible, et fait l'objet d'un dispositif policier renforcé.

Six gardiens de la paix de la Compagnie républicaine de sécurité N°31 - Darnétal (Seine-Maritime), sous la responsabilité du brigadier-chef Paul Jean, sont chargés d'encadrer l'arrivée des passagers au sol. Trois policiers restent sur le tarmac près de l'avion tandis que les autres regagnent la salle d'embarquement N° 30 pour acheminer les nouveaux passagers.

En Salle 30, d'autres policiers de la Compagnie républicaine de sécurité N°40 - Plombières-les-Dijon (Côte-d'Or) ont pour charge de procéder à la fouille des passagers et de leurs bagages. Le brigadier-chef Raymond Thibert est responsable de l'opération. Avertis par un agent du service de sécurité israélien de la manœuvre douteuse des trois suspects, tous s'observent désormais d'un regard inquiet. Tout se joue à cet instant.

Les suspects s'écartent les uns des autres lentement et exhibent brusquement des pistolets mitrailleurs de marque Beretta. Une longue fusillade particulièrement violente et nourrie éclate. Le brigadier-chef Paul Jean est cisaillé par une rafale et le brigadier-chef Raymond Thibert est atteint par huit projectiles après avoir riposté par deux tirs.

Les policiers ripostent avec leurs armes individuelles évitant ainsi que des balles n'atteignent accidentellement des passagers ; cependant trois d'entre eux seront blessés. Alors que deux des terroristes ont été neutralisés, le dernier se retranche vers les cabines de fouille d'où il expédie de brèves rafales de pistolet mitrailleur.

A cet instant, le gardien de la paix Primauguet qui a vidé son chargeur ainsi que celui qu'il a récupéré sur le malheureux brigadier-chef Thibert tente un coup risqué. Il saisit l'arme automatique de l'un des terroristes abattus et applique plusieurs tirs en rafale. Avec le concours d'un gardien de la paix de la police aux frontières, ils parviennent à figer la situation et à neutraliser le dernier assaillant.

Les trois terroristes abattus, l'aéroport est rapidement bouclé par un important dispositif policier. La Compagnie républicaine de sécurité N°3 - Quincy-sous-Sénart (Essonne) arrive la première sur les lieux. On craint qu'un quatrième terroriste ne se soit dissimulé dans l'aérogare. Mais cette hypothèse est finalement écartée au terme de minutieuses et longues recherches.

On relève les identités supposées des terroristes : Tahar Ourgmi, dix-neuf ans, Mohamed Ben Mustapha Nasr, vingt-sept ans, et Mahmoud Awada, vingt-trois ans. Ce dernier est formellement identifié par la brigade criminelle comme ressortissant libanais.

Mercredi 24 Mai 1978. Les obsèques officielles du brigadier-chef Paul Jean sont célébrées dans la cour d'honneur du Ministère de l'intérieur à Paris. Âgé de cinquante-cinq ans, il était marié et père de quatre enfants. Cité à l'ordre de la nation, il est nommé Officier de paix principal au 2ème échelon à titre posthume.

Jeudi 25 Mai 1978. Le brigadier-chef Raymond Thibert est emporté par une embolie pulmonaire à l’hôpital Paul Brousse de Villejuif (Val de Marne). Âgé de quarante-neuf ans, il était marié et père de six enfants. Ses obsèques officielles ont également lieue quatre jours plus tard à Paris. Cité à l'ordre de la nation, il est nommé Officier de paix au 8ème échelon à titre posthume. Il repose au cimetière de Boncourt-le-Bois (Côte d'Or).

Sources :
Entretien avec Michel Thibert (fils)
Journal télévisé du 20/05/1978
Journal officiel du 24/05/1978, page 2171, "Citation à l'ordre de la nation"
Journal officiel du 27/05/1978, page 2199, "Citation à l'ordre de la nation"
Le Monde, article du 23/05/1978, "Une opération suicide ?"
Le Monde, article du 25/05/1978, "Félicitations israéliennes à la police française"
Le Monde, article du 27/05/1978, "L'attentat d'Orly : décès d'un deuxième C.R.S."
Amicale des policiers CRS de Bourgogne Franche-Comté 
Archives de l'assemblée nationale, questions du 12/08/1978, page 4559.
The Jewish Times du 25/05/1978, page 1, "French view Orly attack as a declaration of war"

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