Hammache Ahmed ABBOU

Source photo AFP avec l'aimable autorisation de la famille
1977 - Le gardien de la paix Hammache Abbou est abattu devant le palais de l'Elysée dont il assure la garde par un aliéné. Il avait 43 ans.

Originaire de Kabylie, marié et sans enfant, sa vie entière aura été placée sous le signe du courage et du dévouement ; il laisse un parcours civil et militaire exemplaire.

Il n'a que huit ans lorsqu'il survit aux bombardements allemands de 1942 et s'engage dans l'armée française dix ans plus tard. De 1953 à 1955, il participe activement aux difficiles combats dans les jungles d'Indochine, et revient en Algérie en 1955 ; il devient sergent-chef en 1958. En 1960, il est cité à l'ordre du régiment et reçoit la Croix de la valeur militaire. Affecté en Gendarmerie mobile, il rejoint la France avec son escadron en 1962. En 1964, il entre dans la Police nationale où il se voit remettre la médaille d'honneur dès 1975. En Octobre 1977, il se portait volontaire pour la Garde du palais de l’Élysée.

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Mercredi 23 Novembre 1977. Trois gardiens de la paix de la Compagnie de la Garde du Palais de l’Élysée sont de faction devant l'entrée de la rue du Faubourg Saint-Honoré dans le 8ème arrondissement de Paris. Le conseil des ministres se tient comme chaque mercredi matin, sous la Présidence de Valéry Giscard d'Estaing.

Vers 10h30 une Renault 4L de couleur jaune se stationne à la proximité immédiate des policiers. Un homme en sort armé d'un fusil de calibre 22 long rifle.

Le forcené fait face aux policiers lorsqu'il tire un premier coup de feu en l'air en hurlant qu'il vient tuer le Président. Le gardien de la paix Hammache Ahmed Abbou se précipite vers lui avec l'intention de le ceinturer et de le plaquer au sol mais il n'en a pas le temps : il est grièvement atteint à bout portant par un deuxième tir.

Le forcené est neutralisé ; il s'agit de Paul Lucas, trente-neuf ans, ancien capitaine-vétérinaire de l'armée radié des ordres en 1974 pour de sévères troubles psychologiques. Ce dernier s'est soustrait depuis longtemps à ses soins neurologiques de l'Hôpital du Val de Grâce. Connu des services de police pour avoir déjà menacé Georges Pompidou d'un coup d’État en 1968, il s'était déjà présenté devant les grilles du palais avec une volonté de tuer...

Le gardien de la paix blessé est transporté dans un état désespéré vers l'Hôpital Laënnec, situé rue de Sèvres dans le 7ème arrondissement. Il meurt dans la journée, il avait quarante-trois ans.

Mardi 29 Novembre 1977. Les obsèques officielles du gardien de la paix Hammache Ahmed Abbou ont lieu dans la cour d'honneur de la Préfecture de police. Il est cité à l'ordre de la nation le jour même de sa mort. Nommé à titre posthume brigadier de police, il reçoit la médaille d'honneur pour acte de bravoure, de courage et de dévouement.

Sources :
Journal télévisé du 23/11/1977, "reportage sur le lieu des faits"
Journal officiel du 24/11/1977, page 5511, "Citation à l'ordre de la nation"
Le Monde du 24/11/1977, "Un garde du palais de l’Élysée est tué par un déséquilibré"
Le Monde du 25/11/1977, "Le meurtrier d'un garde du palais de l’Élysée déféré au parquet"

Le Monde du 30/11/1977, "M. Christian Bonnet assiste aux obsèques du policier tué à l’Élysée"

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