Alain PRADINES

1977 - Le gardien de la paix Alain Pradines est abattu par un détenu en cavale au terme d'une longue course poursuite dans les rues de Paris. 

Né le 21 Octobre 1945 à Saint-Ouen, il laisse une femme qui ne se remettra jamais de sa mort et une petite fille de dix ans prénommée Laurence.

Entré dans la police en Décembre 1966 alors qu'il n'a que 21 ans et tout jeune père, il est affecté à la circonscription de Boulogne-Billancourt jusqu'en 1971 ; année où il rejoint la brigade anticriminalité des Hauts-de-Seine. 

Volontaire et courageux, son dossier administratif accumulait les lettres de félicitations de sa hiérarchie. Nommé brigadier de police à titre posthume, Alain Pradines repose désormais au cimetière de Neuilly-Sur-Seine.

Page réalisée avec l'aimable autorisation de sa famille.
Lundi 23 Mai 1977, 1h17 du matin. Un chauffeur de taxi parisien stationne sa Peugeot 504 verte face au N°11 de l'avenue Victor Hugo à Neuilly-Sur-Seine (Hauts-de-Seine). Il accompagne une personne âgée jusqu'à son hôtel, en laissant tourner le moteur ; malheureusement une bonne occasion que guettait un malfaiteur pour lui dérober.

La victime trouve un car de police secours qui effectue une ronde et les policiers diffusent aussitôt une alerte par radio. Un véhicule Simca 1100 monté par trois policiers de la brigade anticriminalité des Hauts-de-Seine repère et prend en chasse le taxi sur le Boulevard Bineau. Mais le conducteur n'entend bien évidement pas s'arrêter.

Ce dernier prend tous les risques possibles et roule à vive allure en direction du 8ème arrondissement de Paris. Alors qu'il atteint la Place de L’Étoile et gagne l'Avenue Hoche, deux motards de la préfecture de police se joignent à la poursuite. Rue de Lisbonne, Avenue Ruysdael,... Le gredin se retrouve finalement acculé sur la Place Rio de Janeiro, dans une impasse du Parc Monceau.

Il est 1h35 lorsque le gardien de la paix Claude Rocourt stoppe la Simca juste derrière le taxi. Ses deux équipiers se sont déjà extraits du véhicule de police pour interpeller le malfaiteur, lequel tente en vain d'escalader les immenses grilles du Parc Monceau. Pris au piège, il saisit deux revolvers et tire sans hésitation à plusieurs reprises en direction des policiers.

Les gardiens de la paix Maurice Kirn, trente-quatre ans, et Alain Pradines, trente-deux ans, sont frappés de plusieurs projectiles. Ce dernier ne se relèvera pas.

Jean-Pierre Derycke, détenu en cavale âgé de trente-six ans, est finalement maitrisé. Condamné en Mai 1975 à une peine de neuf ans de prison pour divers vols qualifiés commis avec violences, il a pourtant bénéficié d'une permission de sortie de cinq jours pour bonne conduite dès le mois d'Avril 1977.

Jeudi 26 Mai 1977. Les obsèques officielles du gardien de la paix Alain Pradines sont célébrées dans la cour de la Préfecture de Nanterre. Nommé brigadier de police à titre posthume, il est le premier policier des Hauts-de-Seine victime du devoir depuis la création de ce département. (voir encart)

Vendredi 29 Septembre 1978. La cour d'assises de Paris condamne Jean-Pierre Derycke à la réclusion criminelle dite à perpétuité.



Sources et références :

Entretien avec Laurence Pradines (sa fille)
Journal télévisé du 23/05/1977 (reportage vers la 20ème minute)
Le Monde, article du 30/09/1978 de Josyane Savigneau, "Caricature"
Le Monde, article du 02/10/1978 de Josyane Savigneau, "Derycke est condamné à la réclusion criminelle à vie"

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