Max AMOUROUX

1977 - Le gardien de la paix Max Amouroux est abattu par un individu qu'il venait de surprendre en flagrant délit de cambriolage à Nice.

Originaire du Tarn-et-Garonne, ce passionné de rugby est entré dans la police en 1973.

Page réalisée avec l'aimable autorisation de son épouse Martine (voir ci-dessous).
Dimanche 24 Avril 1977. Deux maraudeurs effectuent des repérages dans une zone pavillonnaire de l'Avenue Étienne-d'Orves à Nice (Alpes-Maritimes) dans le but de commettre un cambriolage. Alors qu'ils tentent de fracturer le store d'une villa, ils sont surpris en flagrant délit par le propriétaire.

Un équipage police-secours composé de quatre gardiens de la paix arrive rapidement sur les lieux et repère les deux suspects. Drago Koren, vingt ans, est interpellé sans incident, tandis que son complice prend la fuite en courant, suivi de près par le gardien de la paix Max Amouroux, sportif accompli.

Ce dernier appréhende le deuxième suspect alors qu'il vient de se dissimuler dans des buissons jouxtant le Lycée Honoré d'Etienne-d'Orves. Alors qu'il est plaqué au sol, le malfaiteur saisit une arme de poing et tire à quatre reprises pour se dégager.

Atteint par trois projectiles, Max Amouroux meurt deux jours plus tard à l'hôpital après avoir subi deux opérations chirurgicales. Il avait vingt-sept ans.

L'auteur des coups de feu mortels, Branko Zuzek, dix-huit ans, est interpellé le jour même dans une chambre d'hôtel qu'il louait avec son complice. L'arme utilisée, un calibre .38 spécial, est retrouvée en sa possession, rechargée et prête à faire de nouveau feu.

L'enquête établit que Zuzek est un ressortissant slovène évadé depuis Avril 1976 d'un institut d'éducation surveillé. Passé par l'Allemagne où vit Koren, son demi-frère, ils effectuent pour leurs comptes plusieurs cambriolages avant de gagner le sud de la France. Moins de quarante huit heures après leur arrivée à Nice, le duo convoitait de nouveaux cambriolages dans des villas plus luxueuses.

Il est avéré que le gardien Amouroux n'a dégainé son arme administrative à aucun moment. Les témoignages relevés attestent que les coups de feu ont été tirés en deux temps : un premier tir, puis trois autres. Le Docteur Benzaken, médecin légiste, conclue que ceux-ci ont été déclenchés dans un corps-à-corps alors que le tireur était en "position dominante". Le Professeur Vuillet, expert balistique explique que les balles ont été trafiquées pour causer d'avantage de dégâts.

Samedi 15 Décembre 1979. La cour d'assises des Alpes Maritimes condamne Branko Zuzek à vingt ans de réclusion criminelle pour homicide volontaire. Bien qu'il encourait la peine de mort, les circonstances imprécises du drame (aucun témoin oculaire) ont semble-t-il conduit à atténuer la sanction. Poursuivi pour le seul vol qualifié, son complice Drago Koren est condamné à cinq ans d'emprisonnement délictuel.

Branko Zuzek est néanmoins libéré dès 1989, soit seulement douze ans après les faits et expulsé sans condition du territoire français vers la Yougoslavie.



Le gardien de la paix Max Amouroux est cité à l'ordre de la nation et élevé au grade de brigadier de police à titre posthume. La ville de Nice baptise en son nom la petite place faisant face au lycée de l'Avenue Etienne-d'Orves où une plaque commémorative se trouve encore sur le lieu du drame.

Né le 9 aout 1949  à  Finhan près de Montauban (Tarn-et-Garonne), où ses grands-parents étaient agriculteurs, d'une mère au foyer et d'un père conducteur d’engins de Travaux Publics, il est l'ainé d'une fratrie de trois garçons et de cinq filles.

Désireux d'intégrer une école hôtelière, les études sont pécuniairement inaccessibles : il devient mécanicien diéséliste et effectue sa formation à l’école des Travaux Publics d’Egleton (Corrèze). Après avoir obtenu son diplôme il intègre l'Entreprise Malet, société réputée dans le sud-ouest, où il fait la rencontre de Martine, aide comptable.

Elle explique : « Lorsqu’il a été question que l’on se marie, il devait partir faire un gros chantier à Sisteron, dans la vallée du Rhône, et y rester plusieurs mois. Alors comme il ne voulait pas que l’on soit séparés aussi longtemps il a démissionné et a présenté le concours de Gardien de la Paix. Moi ça ne m’a pas tellement étonné car il était très courageux ; il avait horreur des injustices et le cœur sur la main. Gardien de la Paix, ça lui correspondait bien. »

Ainsi, Max Amouroux entre à l'école de police de Châtelguyon (Puy-de-Dôme) en 1973. Il obtient l'année suivante une affectation à Nice. Le jeune couple se marie le 22 juin 1974. Passionné de chasse mais surtout de rugby depuis son plus jeune âge, il est repéré par le club de Montauban pour ses qualités sportives indéniables au poste d'ailier. L'humilité qui le caractérise l'incite à refuser, et il préfère son club local de Finhan auquel il est fortement attaché.

Décrit comme quelqu'un d'aimable, serviable, il était malheureusement enlevé aux siens, victime du devoir : « Il m’a beaucoup manqué tout au long de ma vie et même si j’ai continué la mienne  il est, et il sera toujours dans mon cœur à jamais. Lui rendre hommage et aller à Nice, même 40 ans après qu’il soit parti pour moi était  une nécessité, une évidence. »


Sources :
Entretien avec Martine Amouroux
Journal officiel du 30/04/1977, page 2487, "Citation à l'ordre de la nation"
Le Monde du 17/12/1979, article de Guy Porte, "Un jeune homme de 20 ans jugé pour le meurtre d'un policier"
Le Monde du 18/12/1979, article de Guy Porte, "Le meurtrier d'un policier condamné à 20 ans [...]"

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