Richard CAMPION

Capture d'écran JT du 24/12/1976
1976 - L'inspecteur de police stagiaire Richard Campion est abattu au cours du braquage d'un supermarché à Château-Thierry. Il avait 25 ans.

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Jeudi 23 Décembre 1976. Quatre malfaiteurs masqués et armés de pistolets mitrailleurs font irruption dans un supermarché Coop au 37, avenue d'Essômes, à Château-Thierry (Aisne). Ils se font remettre le contenu du coffre, soit environ 15 000 F.

Vers 20h50, un équipage de police composé d'un inspecteur stagiaire et de deux jeunes gardiens de la paix est alerté par le pompiste de la station attenante. Les policiers étaient effectivement prévenus une heure auparavant par le directeur du supermarché, Jean Switala, qui avait repéré un véhicule suspect, et patrouillaient aux abords.

Alors qu'il entre le premier dans le magasin pour jauger la situation, l'inspecteur Richard Campion est abattu par l'un des malfaiteurs qui ouvre aussitôt le feu avec un pistolet-mitrailleur. L'arme du malheureux policier est dérobée.

Un échange de coups de feu a lieu avec les deux policiers restés en retrait à l'extérieur. Les quatre malfaiteurs prennent finalement la fuite à bord d'une voiture Citroën SM en emmenant en otage une réceptionnaire, Chantal Coque, âgée de vingt et un ans. L'inspecteur Richard Campion, blessé grièvement de plusieurs balles, succombe dans la nuit à l'hôpital de Château-Thierry. Il avait seulement vingt-cinq ans.

L'otage est retrouvé vers 1 heure du matin à Vincennes, heure à laquelle elle se présente en état de choc dans le commissariat local.

Vendredi 4 février 1977. L'un des auteurs du hold-up est interpellé à Clichy-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) en possession de l'arme administrative de l’inspecteur Campion, dans le cadre d'une enquête pour un vol avec effraction commis à Villers-Cotterêts (Aisne). La perquisition au domicile permet de retrouver un pistolet mitrailleur 9 mm, un revolver calibre 44/40 et un fusil de chasse à canons sciés ayant sévi à Château-Thierry. Armes démilitarisées provenant d'une armurerie de Pontault-Combault (Seine-et-Marne). Il écopera de dix-huit ans de réclusion criminelle. (identité du malfaiteur ignorée)

Sources et références :
Journal officiel du 26/12/1976, page 7461, "Citation à l'ordre de la nation"
Le Monde, article du 25/12/1976, "Un policier est tué au cours d'une attaque à main armée"
Le Monde, brèves du 29/12/1976, "Faits divers"
Le Monde, article du 22/02/1977, "Des armes démilitarisées saisies chez un malfaiteur" 
L'Union-L'Ardennais du 30/05/2007 

André LACHICHE

1976 - Le gardien de la paix André Lachiche est victime d'un tir alors qu'il est sur le point d'interpeller un individu suspect à Dijon.

Il meurt des suites de ses blessures en 1977.
Vendredi 13 Août 1976. Depuis le début de l'été, un violeur en série agissant à visage dissimulé sévit dans les rues de Dijon (Côte-D'Or). Dans la soirée, alors qu'une nouvelle agression vient d'avoir lieu, trois gardiens de la paix repèrent un suspect coiffé d'une cagoule, qui prend aussitôt la fuite.

Alors qu'il est sur le point d'être intercepté, ce dernier exhibe de façon soudaine une arme de poing et fait feu en direction des policiers. Frappé d'une balle à la colonne vertébrale, le gardien de la paix André Lachiche s'écroule inconscient.

La trace du malfaiteur se perd mais quelques instants plus tard, un individu est interpellé sur la base d'un signalement précis : Daniel Brut. Faute d'éléments de preuves supplémentaires, il est laissé libre au terme de sa garde à vue.

Mercredi 7 Décembre 1977. Le gardien de la paix André Lachiche succombe à sa blessure aussi douloureuse qu'inopérable.

En 1979, Daniel Brut est à nouveau interpellé sur les indications d'un témoin resté anonyme. On retrouve effectivement en sa possession un revolver Smith & Wesson 38 spécial. L'expertise est formelle, il s'agit bien de l'arme avec laquelle le gardien de la paix Lachiche a été tué. Daniel Brut est inculpé d'homicide volontaire sur agent de la force publique, de viols, et écroué dans l'attente d'un procès.

21 Décembre 1982. Le procès dans lequel l'avocat général a requis la réclusion criminelle à perpétuité se termine. Mais le dossier présente une irrégularité sur le scellé de la balle meurtrière. Irrégularité sur laquelle la défense va insister tout le long du procès.

Au terme d'une heure et quart de délibéré, la cour d'assises de Côte d'Or déclare que Daniel Brut est non-coupable d'homicide volontaire et de viol ; elle reconnaît néanmoins un port d'arme prohibé. Condamné à trois ans de prison ferme, soit la durée de sa détention provisoire, il ressort donc libre du tribunal.

Sources
Le Monde, article de Robert Cerles du 21/12/1982, "Un homme accusé d'avoir tué un policier acquitté [...]"
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Raymond MARCK & Claude GIRARDIN

Volontaires pour être détachés au Liban,
les CRS Marck et Girardin meurent sous
des tirs d'obus pendant la guerre civile.
La création du Grand Liban par la France en 1920 est une source de contestation pour les nationalistes tant syriens que libanais, qui revendiquent le rattachement du Liban à la Syrie. Damas cherche de ce fait à contrôler le Liban et exerce diverses pressions qui tendent les relations entre les deux États. De plus, dans le contexte de la guerre froide, le Liban s’étant rangé dans le camp occidental, il refuse d’intégrer la République arabe unie et se distingue par sa liberté d’expression, son économie libérale et par une forte communauté chrétienne.

Reste que le nombre de réfugiés et donc de camps palestiniens au Liban surcroît après la guerre des six jours en 1967. Avec l'appui de la Syrie, certains de ces camps organisent des attaques contre l’État d'Israël, lequel contre attaque sur le territoire libanais. La guerre civile éclate en avril 1975 à la suite de graves incidents entre phalangistes chrétiens et palestiniens. Le quotidien : guérilla urbaine, assassinats de civils, francs-tireurs, bombardements. L'ambassade de France est alors située dans la rue de Damas : une artère qui fut, durant la guerre civile, la ligne de démarcation entre les quartiers chrétien et musulman.

En 1976, les premiers détachement de compagnies républicaines de sécurité sont déployés pour garder l'ambassade. Le 12 août 1976, les troupes phalangistes prennent d'assaut le camp de Tell el-Zaatar, situé dans les faubourgs chrétiens de Beyrouth. Autour de l'ambassade, les différents belligérants se tirent dessus à l'arme automatique et aux obus de mortier.

Stèle dédiée aux agents de l'ambassade de France
morts au service de la Paix. - Beyrouth
C'est dans ce contexte que deux effectifs de la Compagnie Républicaine de Sécurité N°38 - Illzach (Haut-Rhin) mettent à profit un arrêt des échanges de coups de feu pour vérifier la présence de troupes dans le parc de la résidence des pins.

Un premier obus vient souffler la façade de l'ambassade. Les deux CRS espèrent trouver à nouveau refuge dans l'ambassade, lorsque un second obus frappe leur position. Le brigadier Raymond Marck et le gardien de la paix Claude Girardin meurent sur place de graves blessures. Une troisième CRS, Jean-Marie Chaudron, est blessé également alors qu'il vient tenter de sauver les désespérés. Rendons hommage au courage de ces hommes.

Originaire de l'Alsace, Raymond Marck, trente-sept ans, marié et père de cinq enfants, est cité à l'ordre de la nation et nommé officier de paix à titre posthume. Originaires des Vosges, Claude Girardin est cité à l'ordre de la nation et nommé brigadier de police à titre posthume.

Sources:
Journal officiel du 14/08/1976, page 4883, "Citations à l'ordre de la nation"
Un demi-siècle au service de la République, de Robert Pinaud - éd. L'Harmattan (2013)

Dominique LAROSE

1976 - Le gardien de la paix stagiaire Dominique Larose est abattu par un employé de la surveillance générale du métropolitain à Paris.

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Contexte : Au milieu des années 70, la sécurité des usagers du métro, dont la responsabilité relève de la seule régie autonome des transports parisiens (RATP), s'est fortement dégradée. Entre avril 1970 et mai 1976, les agressions de voyageurs et d'agents de la RATP ont simplement doublé.

Le phénomène relevé par la presse ne manque pas de créer une psychose au sein de la population parisienne, si bien que la question de céder totalement la sécurité des usagers à la Préfecture de police est posée. En octobre 1974, des opérations "police-métro" sont mises en place chaque semaine, à la grande satisfaction des parisiens. Le drame qui suit précipitera la création d'une unité spéciale : le service de protection et de sécurité du métropolitain de la préfecture de police (actuelle brigade des réseaux ferrés).

Dimanche 8 Août 1976. Claude Madigou, trente-huit ans, agent de la surveillance générale de la RATP, prend son service à la station Trocadéro dans le 16ème arrondissement de Paris. Il accuse trois quart d'heure de retard, et pour cause, il est copieusement alcoolisé.

Vers minuit, il décide de contrôler le titre de transport d'un voyageur tunisien qu'il suspecte de fraude. Un différend éclate très vite entre les deux hommes tant et si bien que Madigou finit par exhiber son arme de service, et menace directement le contrevenant - les agents de la surveillance générale opérant de nuit sont assermentés et effectivement armés. Le chef de station qui tente de raisonner son collègue est repoussé dans son bureau et intimé de ne pas en sortir.

Un usager qui pense assister à une agression prévient un gardien de la paix stagiaire en tenue qui vient de terminer un service de garde statique sur l'arrondissement : Dominique Larose. L'un de ses collègues, Henri Latrache, est également présent mais il se trouve sur le quai opposé.

Alors que l'agent Larose exige de Madigou qu'il lui remette son arme, ce dernier se trouve toujours dans un état d’excitation aberrant. Il finit par saisir violemment à la gorge le contrevenant. Le jeune policier s'interpose mais Madigou le repousse, le désigne avec son arme et fait feu, le tuant net frappé d'une balle tirée en plein coeur. Dans le même temps, l'agent Latrache qui vient d'assister à la scène applique plusieurs tirs et abat Madigou. L'enquête déterminera que ce dernier, employé depuis onze ans à la RATP, avait 2,4g d'alcool dans le sang.

Le gardien de la paix Dominique Larose n'avait que vingt-six ans et se trouvait encore en formation en Compagnie d'instruction et de garde sur le 16ème arrondissement. Il est élevé à l'échelon le plus haut de son grade à titre posthume, et reçoit la médaille d'honneur de la police nationale, ainsi que la médaille d'or pour acte de courage et de dévouement.

Sources et références :
Journal télévisé du 08/08/1976
Le Nouvel Obs du 16/08/1976, "Mourir dans le métro" par Katia D. Kaupp
Le Monde du 11/08/1976, "L'agent de sécurité de la RATP était pris de boisson"
Le Monde du 10/08/1976, "Deux personnes sont tuées à la station Trocadéro"
Le Monde du 21/01/1975, "Des képis dans le métro"

Jean-Claude FORASSASSI

1976 - Le gardien de la paix Jean-Claude Forassassi est fauché par un automobiliste en état d'ivresse alors qu'il se trouve sur un barrage routier à Marseille.
Vendredi 30 Juillet 1976. Il est trois heures du matin environ quand Gratien Tonna, vingt-sept ans, champion de France de boxe, revient d'une soirée très arrosée à Aix-en-Provence à bord de son véhicule en direction de Marseille (Bouches-du-Rhône). Alors qu'il atteint une zone de chantier, à l'entrée du tunnel du Vieux-port interdit à la circulation par de nombreux signaux lumineux, il fauche mortellement le gardien de la paix Jean-Claude Forassassi, âgé de trente-quatre ans, qui l'incitait à stopper son véhicule.

Mardi 8 Mars 1977. Le tribunal de grande instance de Marseille condamne Tonna à dix-huit mois de prison dont douze avec sursis. Poursuivi pour conduite en état d'ivresse et homicide involontaire, il se voit également suspendre son permis de conduire pour une durée de trois ans et devra verser 618.448 F de dommage et intérêts.

Sources :
La Nouvelle République du 30/07/1976, "Gratien Tonna fauche un policier à Marseille"
Le Nouvel Obs du 28/03/1977, page 48, "La boxe en gants blancs"

Abel LARRUE

1976 - Le brigadier-chef Abel Larrue est abattu par un malfaiteur surpris en flagrant délit de vol à main armée dans un supermarché à Avignon.
Jeudi 29 Avril 1976. La gérante d'un supermarché situé dans le quartier des Olivades à Avignon (Vaucluse) est sur le point de fermer son établissement. Il est 20h00 lorsqu'un individu surgit avec une arme de poing et exige le contenu de la caisse. Abel Larrue, brigadier-chef au commissariat local, n'est pas en service lorsqu'il remarque la scène. Dépourvu de son arme, il décide néanmoins d'intervenir avec le concours de l'un des employés du supermarché.

Une vive altercation éclate au cours de laquelle le malfaiteur ouvre le feu. Il atteint mortellement le policier d'une balle dans le foie. L'agresseur parvient à s'enfuir aussitôt, en tirant d'autres coups de feu qui n'atteignent personne.

Sources :
Le Monde, article du 03/05/1976, "Un policier est tué par l'agresseur d'une commerçante"
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Joël LEGOFF

1976 - Le Commandant Joël Le Goff est tué au cours d'une opération de maintien de l'ordre à l'occasion d'une violente manifestation de viticulteurs audois.

Entré dans la police en 1961, il prenait le commandement de la CRS N°26 en Juillet 1975. Âgé de quarante-deux ans, il était marié et père de deux enfants âgés de 10 et 14 ans.

Ancien marin, pilote d'Hydravion, officier des CRS détachés à la Sécurité Civile, il a fait partie des pionniers qui ont mis en place les premiers Catalina de la Base de Sécurité Civile de Marignane en 1963.
Contexte : En 1975, l'économie traditionnelle du Languedoc viticole est en crise. Le système AOC s'impose tardivement dans une zone spécialisée dans des productions à faible degré d'alcool, élaborées au sein d'un puissant système coopératif bien ancré dans ses pratiques. Les vins produits sont effectivement mélangés avec des "vins médecins" à haute teneur en alcool, importés d'Algérie.

Pour l'ensemble des structures professionnelles viticoles du Languedoc, la remise en cause imposée par le marché est douloureuse. C'est tout un système qui s'effondre. La contestation gagne la région d'autant que, à cette époque, les négociants hexagonaux préfèrent importer des vins italiens rendus moins coûteux par la dépréciation de la Lire. Le 29 Décembre 1975, le ton est donné : cinq mille professionnels bloquent le port de Sète pour faire barrage aux navires-citernes italiens et vident les cuves.

Des violentes manifestations égrainent la région : emploi d'explosifs et d'incendies sur les voies ferrées, barrages routiers improvisés sur les routes nationales, les passages à niveaux, au centre des impôts, devant certaines agences de crédit agricole,...

Mercredi 3 mars 1976, deux viticulteurs audois sont arrêtés à leur domicile, puis transférés à Lyon en détention provisoire pour avoir participé à la mise à sac des chais du plus gros importateur de vins italiens, Pierre Ramel, à Meximieux (Ain). Pour certains vignerons, c'est l'occasion à saisir pour une forte mobilisation.

Dans la même soirée, le maire de Narbonne, Hubert Mouly, avertit le cabinet du ministère de l'intérieur de la gravité de la situation, et fait part de ses craintes de représailles. Le lendemain matin, le porte-parole du comité régional d'action viticole, Michel Romain, s'adresse à un millier de viticulteurs rassemblés cours de la République, à Narbonne, leur lance un mot d'ordre : " Tout le monde sur le pont de Montredon. Nous jurons que nous tiendrons tant que nos camarades ne seront pas libérés. "

Jeudi 4 Mars 1976. Un attroupement de quelques trois milles viticulteurs se forme sur la RN 113 près de Montredon-des-Corbières (Aude) à hauteur du pont qui enjambe la voie ferrée. Ils établissent un barrage routier et ferroviaire. Lorsqu'un train de marchandises se présente vers 14H45, il est stoppé par un commando de viticulteurs qui s'était emparé auparavant d'une pelle mécanique et avait arraché les rails. Un second groupe met le feu à plusieurs wagons situés à l'arrière du train, une épaisse fumée noire envahit le secteur.

Jean-Claude Delmas (AFP)
Mise à sac du train de marchandises parti de Narbonne.
Dès lors, le Groupement Opérationnel des CRS désigne la CRS N°24 d'Agen et la CRS N°26 de Toulouse aux fins de disperser l'attroupement.

Les premières colonnes se forment pour mettre en place un front de charge, sous les ordres du Commandant Toussaint Siméoni de la CRS N°24. Il est en compagnie de l'officier de police judiciaire mandaté par la gendarmerie pour procéder aux sommations d'usage avant la dispersion de l'attroupement.

Soudain, des coups de feu retentissent en direction de la CRS N°26.  Plusieurs hommes sont blessés, certains grièvement. Ordre est donné de se mettre à l'abri derrière les véhicules de liaisons, et de répliquer par des tirs de grenades LI, OF et BR. Mais les viticulteurs sont déterminés ; armés de façon préméditée de fusils de chasse de calibre 12, ils tirent à la chevrotine et à balles à ailettes depuis le pont et le promontoire surplombant la nationale 113. Les officiers et les conducteurs sont particulièrement visés.

Blessé un première fois à la jambe droite, le commandant Joël Le Goff, de la CRS N°26, est atteint mortellement à la tête par une balle à ailettes cal. 12 qui transperce son casque de part en part. Seul le Lieutenant Jean-Louis Yonnet de la CRS N°26, sur les quatre Officiers de sa Compagnie engagés, n'a pas été blessé. Ce dernier organise avec le Capitaine Jean-Louis Thore de la CRS N°24 la suite de l'évènement. Sous des tirs nourris, le corps meurtri du Commandant Le Goff est transporté difficilement dans un véhicule Sinpar (voir vidéo) vers l'arrière du dispositif pour être acheminé vers l'hôpital de Narbonne.

Il s'est écoulé vingt deux minutes depuis le début des tirs des viticulteurs avant que les CRS ne répliquent finalement avec leurs armes en dotations. Un viticulteur audois d'Arquettes en Val est tué alors qu'il est distant de 150m du lieu de la fusillade, il s'agit d'Emile Pouytès, âgé de cinquante-deux ans. Deux autres blessés civils sont recensés.

Le bilan est très lourd. La CRS N°26 déplore un mort et dix-neuf blessés par balles, dont le Capitaine Jacques Saison et le Lieutenant André Grunenwald. La CRS 24 recense 7 blessés dont deux gravement atteints : le Commandant Toussaint Siméoni, atteint par un tir de 22 LR à l'abdomen et le Brigadier Edmond Kiedos. Les ambulances étant regroupées à l'arrière du dispositif, ces derniers sont transportés directement dans les véhicules CRS (404 Break, Sinpar, car de Brigade).

Mardi 9 Mars 1976. Les obsèques officielles du Commandant Joël Le Goff ont lieu à Toulouse dans la cour d'honneur située à la CRS N°27.

On ne retrouvera jamais l'auteur du coup de feu mortel sur l'officier de la CRS 26. Un seul viticulteur audois, Albert Teisseyre, est arrêté le 1er Avril 1976, et incarcéré pendant 70 jours à la prison des Baumettes à Marseille puis libéré. Il bénéficiera de la loi d’amnistie de 1981.

Depuis Février 1979, chaque année le 4 Mars, les anciens de la CRS N° 26 de Toulouse déposent une gerbe au pied des stèles du Commandant Joël Le Goff et du Viticulteur Emile Pouytès situées du part et d'autre du Pont de Montredon des Corbières. Les viticulteurs quant à eux procèdent aux mêmes gestes le dimanche qui suit immédiatement la journée du 4 Mars. Il n'y a jamais de prises de paroles.


Sources:
Contributions de : Alain Crosnier, Roderic Martin
Journal officiel du 09 Mars 1976, page 1525, "Citation à l'ordre de la nation"
Journal officiel du 16 Mars 1976, page 1669, "Décret portant nomination à l'ordre national de la légion d'honneur"
Journal télévisé du 04/03/1976, à visionner.
Le Monde, article du 06/03/1976, "Il faut arrêter cette escalade"
Le Monde, article du 06/03/1976, "[...] une salve éclate, un officier tombe..."
Le Monde, article du 06/03/1976, "Les victimes"
Un demi-siècle au service de la République, de Robert Pinaud - éd. L'Harmattan 2013

Michel GISTAN

1976 - Le gardien de la paix motocycliste Michel Gistan est victime d'un accident de la circulation alors qu'il est en service sur l'A6. Il avait 25 ans.
Lundi 16 Février 1976. Deux gardiens de la paix motocycliste de la CRS N°5 de Massy (Essonne) circulent sur l'autoroute du soleil A6 en direction de Paris où le trafic est très dense. Vers 18h00, alors que le policier se trouvant en tête invitent les usagers à ralentir, un automobiliste roulant sur la voie centrale freine brutalement à la vue de celui-ci. Il se déporte sans aucune précaution sur la voie de gauche et vient heurter à l'avant la moto du gardien de la paix Michel Gistan qui progressait en deuxième position.

Fortement déséquilibré, le pilote heurte à deux reprises la glissière centrale avant de chuter violemment sur la voie rapide. Transporté dans un premier temps à l'hôpital de Longjumeau puis à l'hôpital de Sainte-Anne à Paris, il demeure dans le coma pendant deux mois. Il s'éteint le 23 Avril 1976, victime d'un grave traumatisme crânien. Il avait vingt-cinq ans.

Originaire de Billière (Pyrénées-Orientales), le gardien de la paix Michel Gistan était affecté à l'unité motocycliste de la CRS N°5 depuis le 1er Février 1975. Il reçoit la médaille d'honneur de la police nationale et est élevé au grade de brigadier de police à titre posthume.

Sources :
Magazine CMPN N°147, avril 1976, rubrique deuils, R. Poifol

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