Joseph PIEYRE

1971 - Le gardien de la paix Joseph Pieyre est abattu par un forcené retranché dans son domicile près d'Orange. Il avait 48 ans.
Vendredi 27 Août 1971. Un individu en état d'ivresse erre presque nu dans les rues d'Orange (Vaucluse). Un équipage de police est envoyé dans le quartier pour le raisonner, mais les recherches entreprises s'avèrent vaines. Identifié d'après les témoignages de riverains, initiative est donc prise de dépêcher des policiers à son domicile.

Deux gardiens de la paix, à savoir deux frères affectés au commissariat local, sont envoyés sur place pour obtenir des éclaircissements sur la conduite de cet individu. Alors qu'ils se présentent devant la porte de l'intéressé, un ouvrier agricole âgé de quarante-trois ans, ce dernier surgi avec un fusil à la main. Son épouse tente de le retenir, un coup de feu retentit : le gardien de la paix Joseph Pieyre est atteint par une gerbe de chevrotine au ventre.

Le gardien de la paix Yves Pieyre parvient à désarmer le forcené et le maitrise en lui portant plusieurs coups avec la crosse. Une fois la situation figée, il constate impuissant que son frère va succomber à sa blessure.

Le gardien de la paix Joseph Pieyre avait quarante-huit ans. Il était marié et père de quatre enfants. Affecté au corps urbain d'Orange depuis 1962, il était décrit comme un homme pur, disponible et discipliné qui a très vite gagné la confiance de sa hiérarchie. Élevé au grade de brigadier de police à titre posthume et cité à l'ordre de la nation, ses obsèques officielles ont lieu à Orange en présence de nombreux officiels et d'une foule indignée. Il est inhumé au cimetière de Prats-de-Mollo (Pyrénées-orientales).

Sources :
Entretien avec Jean-Yves Pieyre (fils), publication avec son aimable autorisation
Nouvelles du Vaucluse, article du 31/08/1971, "Les obsèques du sous-brigadier Joseph Pieyre"

Daniel CHANTRENS

1971 - Le gardien de la paix Daniel Chantrens est tué au cours de l'évasion d'un détenu examiné en milieu libre hospitalier.

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Lundi 7 Juin 1971. Jean-Claude Boudin, vingt huit ans, détenu à la maison d'arrêt d'Évreux (Eure), est escorté jusqu'au centre hospitalier de la ville afin de recevoir des soins pour un abcès dentaire. Originaire de Lisieux (Calvados), cet individu a été condamné à deux ans de prison pour proxénétisme et détention d'armes. Soupçonné d'avoir participé à une attaque à main armée au Neubourg (Eure), en novembre dernier, il n'a jusque là rien avoué.

Vers 9 heures, son escorte composée de deux policiers arrive dans le hall de l'hôpital. Le gardien de la paix Claude Lescombe, trente-cinq ans, se rend dans un bureau voisin pour y déposer un bon administratif. De son côté, le gardien de la paix stagiaire Daniel Chantrens, vingt-cinq ans, tient menotté le détenu.

Brusquement, un homme qui attend dans le hall depuis 8 heures, les yeux dissimulés derrière des lunettes noires, bondit de sa chaise et assomme d'un coup de pince monseigneur Daniel Chantrens. Puis il brise les menottes du prisonnier à l'aide et se procure le revolver du policier.

A ce moment, le gardien de la paix Claude Lescombe revient dans la pièce. Pour couvrir leur fuite, les bandits échangent alors plusieurs coups de feu avec ce dernier. C'est au cours de cette scène, qui s'est déroulée sons les yeux de deux témoins - une femme et sa fillette, - que Daniel Chantrens est atteint d'une balle au foie et de deux autres dans la tête. Sur le parking extérieur, les fugitifs trouvent une voiture où les attend un autre complice.

Le gardien de la paix Daniel Chantrens décède à 23 heures 30 à l'hôtel-Dieu de Rouen. Il était sorti le 1er Février 1971 de l'école de police. Il est cité à l'ordre de la nation.

Jeudi 10 Juin 1971. Jean-Claude Boudin est arrêté à Lisieux, au domicile d'un ami. Jean-Marie Boudin, vingt-cinq ans, frère de l'évadé est inculpé, d'une part, de complicité d'évasion et, d'autre part, du meurtre du Gardien de la paix Daniel Chantrens. Albert Grandsire, conducteur de l'automobile à bord de laquelle les deux frères Boudin se sont enfuis après le meurtre est arrêté à son domicile par les gendarmes de Beuzeville (Eure).

Jean-Marie Boudin est formellement reconnu par le gardien de la paix Claude Lescombe et par un témoin présent à l'hôpital. Il est condamné à la réclusion criminelle dite "à perpétuité" en 1973 par la cour d'assises de L'Eure. Après deux ans de déni, confronté à l'idée d'une possible peine capitale, il finissait par avouer lors du procès sa culpabilité.

En 1991, vingt ans après son crime, il bénéficie d'une libération anticipée. Commence alors une nouvelle carrière criminelle de nature sexuelle pour ce triste individu. Il retourne en prison après avoir été inculpé de plusieurs agressions sexuelles sur de très jeunes femmes qu'ils droguaient pour abuser d'elles plus facilement. Envers et contre tout, il est de nouveau libéré en 2001.

En 2006, Boudin est arrêté en pleine récidive de viol ; il venait de tuer sa dernière victime, une jeune femme de dix-huit ans, après lui avoir injecté une dose mortelle de drogue.

En 2013, le procès de ce prédateur meurtrier s'ouvre aux assises de Seine-Maritime avec 24 chefs d'accusation : huit récidives de viol dont une sur personne vulnérable et une autre sur mineur de 15 ans ; sept agressions sexuelles dont deux sur mineur de 15 ans ; deux faits de violences dont un avec arme, deux provocations de mineur à l’usage illicite de stupéfiants. S’ajoute à cela une mise en examen pour corruption de mineur de 15 ans, une pour subornation de témoins et une pour homicide involontaire.

6 Novembre 2013. Boudin est condamné pour la seconde fois à la réclusion criminelle à perpétuité,  42 ans après son premier crime qui lui avait valu la même peine...

Sources:
Le Monde, article du 09/06/1971, "Un gardien de la paix est mortellement blessé lors de l'évasion d'un détenu"
Le Monde, article du 11/06/1971, "Un repris de jutice qui s'était évadé est retrouvé"
Le Monde, article du 14/06/1971, "Des syndicats de policiers ont marqué leur solidarité avec le commissariat d’Évreux"

François COSTANTINI

Source photo : Archive numérisée Le Parisien Libéré du 20/01/1971
1971 - L'officier de paix François Costantini est abattu par un malfaiteur surpris en flagrant délit de vol avec violences, et qu'il poursuit à pieds dans les rues de Paris.

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Mardi 19 Janvier 1971. Trois policiers membres de la brigade de direction en civil patrouillent dans le Faubourg Montmartre dans le 9ème arrondissement de Paris. A bord se trouvent l'officier de paix François Costantini et les gardiens de la paix Thévenot et Rousselet, en position de chauffeur.

Basée au Quai des Orfèvres sur la l'île de la cité, cette brigade est chargée de la sécurisation de nuit des rues de la capitale. Vers 2h00 du matin, alors qu'ils empruntent la rue Bleue, ils remarquent une altercation entre trois personnes. Il s'agit en fait de deux félons qui tentent d'arracher la sacoche d'un comptable venant de quitter un cercle de jeux : Mr Erast Bocancea, cinquante-sept ans.

Deux policiers mettent pieds à terre et donnent leurs injonctions. L'un des voleurs parvient à s'engouffrer dans le véhicule d'un complice et prend la fuite. L'autre tente de semer ses poursuivants à pieds, toujours détenteur de la sacoche de sa victime. Il s'agit de Félix Léandri, vingt-sept ans, originaire d'Alfortville (Val de Marne).

Alors que ce dernier atteint la Rue Faubourg-Poissonnière, il exhibe une arme de poing et tire en direction des policiers. Il atteint mortellement à la poitrine d'une balle de calibre 11,43 l'officier de paix François Costantini, vingt-neuf ans. Dans le même temps, le gardien de la paix Thévenot riposte et atteint grièvement le malfrat à l'aine.

Transporté à l'hôpital Lariboisière, François Costantini meurt à son arrivée aux urgences. Domicilié Rue Saint-Maur dans le 11ème arrondissement, ce jeune policier très apprécié de ses supérieurs était appelé à devenir commissaire de police.

Les enquêteurs constatent que la sacoche dérobée ne contenait que des documents comptables sans valeur. Au domicile du meurtrier, ils découvrent une pile impressionnante de romans policiers et deux armes de gros calibre. Léandri est finalement interpellé et transporté à la salle Cusco de l'Hôtel Dieu. (suites judiciaires inconnues)

Sources :
Journal officiel du 21/01/1971, "Citation à l'ordre de la nation", page 719
Le Monde, article du 20/01/1971, "Un policier est tué par le malfaiteur qu'il tentait d'arrêter"
Victimes du devoir de Stéphane Lemercier, éditions du Prévôt, page 148.

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